mercredi 25 novembre 2009

A propos de Médioromanie : l'ancienne zone d'oc en Poitou

Il semblerait que les études modernes menées par Bonnaud en particulier, font état d'une ligne "Fontenay-Niort-Poitiers-Chauvigny-Le Blanc" pour l'extension maximale de l'oc en Poitou, autrement dit, une ligne droite depuis le domaine limousin ! On a en effet trouvé des toponymes en -ac jusqu'en Sud-Vendée dans des hameaux qui s'ajoute au foyer bien connu de Ruffec, en Charente poitevine : Condac, Poursac, Bioussac, ...

Introduction fascinante de ce problème : Lien vers un article d'Eric Nowak


Chamouillac* en Haute-Saintonge

La question n'est pas évidemment de faire du poitevin-saintongeais de l'oc (même si en des coins non-francisés, c'est de l'oïl très original), mais de montrer les limites de l'extension maximale de l'oc autrement dit une ligne droite à hauteur du Croissant. Ces découvertes vont tout à fait dans le sens de l'existence d'une médio-romanie, chainon manquant entre l'oïl et les véritables langues d'oc (gascon, languedocien, provençal) dont le limousin et l'auvergnat sont des résidus moins francisés qu'à l'Ouest dans la plaine (le Poitou) et à l'Est via la vallée du Rhône (la dite Arpitanie). Cela rejoint également ce que nous savons du peuplement de ces régions à savoir que le Poitou présente depuis les origines des affinités de population avec le Massif Central (alors que Gascogne et Languedoc méridional relèvent bien plus du domaine ibérique).


* : Chamouillac en Haute-Saintonge entre Mirambeau et Montendre. Occitanie "irrédente" dans tous les cas : les paysages sont déjà périgourdins (la Double vieux pays celtique est impressionnante), l'intégralité de la toponymie est d'oc, aussi bien dans les formations médiévales que dans la déformation des étymons latins (La Clotte, La Barde, Boscamnant, Polignac, Corignac, Souméras, Boisredon, Tugéras, Soubras, ...). Cette région est liée de toute antiquité avec le Périgord voisin, depuis les premiers dolmens de type dit angoumoisins. Tout indique que l'on a parlé en ces terres une langue proche des dialectes limousins contemporains et que celui-ci s'est perdu soit du fait des repeuplements post-médiévaux (certains patronymes montrent des affinités avec le Grand-Ouest mais la plupart sont très locaux : Brodut, Bouinot, Louassier, Boisbleau, ...) mais plus probablement par infiltration, peut-être même tardive. Il faut être occitaniste pour tracer une frontière vers Chalais (c'est le pays des frères Reclus).

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