mardi 16 février 2010

La forme girondine du chêne tauzin : "taudin"

La forme de base en gascon pour cette espèce vernaculaire est : tausin.

La forme bordelaise taudin (bordelaise mais pas sur Bordeaux) est étrange car en Bordelais comme en Comminges, la confusion en un seul son -d- concerne seulement c + e,i (codina qui vient de cocina), ty intervocalique (podon qui vient de potionem) et d intervocalique (sudar de sudare).
La solution languedocienne est inverse avec généralisation de "z".

La Gascogne connait plusieurs zones (généralisation de d en Bordelais et Comminges, solution languedocienne en Gascogne médiane, solution béarno-landaise (cosia mais sudar) connue également à Cubzac (témoignage des transhumances ?), et puis des isolats pyrénéens.
On peut supposer une étape commune, graphiée dz dans les textes anciens, et dont le son devait se rapprocher du "th" anglais que l'on retrouve encore en Couserans (source : Bec)

Bref, tausin (issu probablement d'une série tosa avec s intervocalique) n'aurait pas du devenir taudin mais rester tausin.
Ce phénomène de généralisation extrême se retrouve en Magnoac où casa donne cada.
On peut supposer le même phénomène en Médoc et en Buch où la toponymie indique "taudin".

Alibert parle d'une base "quercus tozza" qui aurait mérite d'expliquer cette forme mais c'est la seule attestation d'un tel étymon qui a pu être inventé pour l'occasion.

Si l'on reprend Séguy, on a au final les 5 zones suivantes en fonction du destin des étymons :

cocina, voce, ecce hoc, casa, sudare

1. Languedocien :
kouzino, bouts, so, kazo, suza

2. Béarn/Landes/Cubzac :
kouzi(n)o, bouts, so, kazo, suda

3. Bordelais/Comminges :
koudi(n)o, bouts, so, kazo, suda

4. Magnoac/Aure :
koudino, bouts, so, kado, suda

5. Bethmale :
koudino, bouts, ço, kazo, suda

ç note le son espagnol z. Maintien plus tardif de l'ancienne affriquée ts/dz
Exemple : http://crdo.risc.cnrs.fr/data/thesoc/09-ANTRAS.wav

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