mercredi 17 mars 2010

Murèl : le nom languedocien de Muret

Muret, en Comminges, est probablement issu du bas-latin murellum formé sur murus=rempart et le suffixe diminutif -ellum pour indiquer une fortification quelconque, le passage à la forme actuelle étant classique :

murell(um) > murell (e bref) > murèty

(Probable ancienne prononciation pan-gasconne de la mutation gasconne de -ll final > -ty, aujourd'hui prononcé -t sur place, -tch en Comminges et Couserans, -ty à Orthez, ..., noté -th en graphine alibertine.)

D'où : Murèth.

Une forme languedocienne aurait été : Murèl (on trouve Murel dans la chanson de la croisade albigeoise du XIIème siècle). Et en français : Mureau.

Muret est donc bien en Gascogne, comme Portet (du latin portellu, "petit port") et Pinsaguel, dit localement Pinsaguèth. C'est la raison pour laquelle en français régional de Toulouse, on dit (disait) Murètt en prononçant bien le t final alors qu'on disait Castagné pour Castagnet, qui lui est issu du latin -etum, qui senti comme tel, a été adapté en français tel qu'il aurait été modifié.

Au passage, notons que l'étymon murellu(m) a pu servir également au Pays Basque où il devient Murulu (simplification de -ll- > -l-, assimilation vocalique murelu > murulu). Murulu d'Arros au Pays Basque est ainsi noté "mured" dès le XIIème siècle dans les textes gascons, "mureth" en 1350.

1 commentaire:

  1. Cet article est intéressant et je lui rends hommage, une fois n'est pas coutume.
    En effet Muret est bien en Gascogne. Tout le monde sait cela.


    D'ailleurs reppelons nous ce que Nougaro chantait de Toulouse: "Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne".

    La rive gauche de Toulouse est bien gasconne, et la rive droite languedocienne. Théoriquement bien sûr. Dans la réalité, c'est un point de rencontre naturel du Languedoc et de la Gascogne, ce qui en fait toute la richesse.

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