samedi 6 mars 2010

Qui a dit ?

"J'ai le regret de voir qu'Ismaël Girard et ses compagnons, voulaient réveiller une langue morte, et qui ne fut jamais de nulle part, et la vêtir d'une orthographe d'écrivailleurs antiques."

Réponse : Michel Camelat, grand écrivain bigourdan. C'est une citation tirée de ses lettres à André Pic dans les années 30.


"Il est peu probable en effet qu'une langue, populaire, qu'un simple patois, comme le béarnais, puisse se substituer au basque. Le basque, je n'en doute pas, sera tôt ou tard supplanté, mais il fera place au français et non au béarnais, et il est probable qu'il ne disparaîtra pas en reculant peu à peu, mais qu'il dépérira partout à la fois comme nos patois méridionaux. Partout déjà, le français est devenu la langue usuelle des familles éclairées ; il commence à prévaloir dans plusieurs villes, d'où il s'infiltre lentement dans les campagnes environnantes ; tout permet donc de croire que dans un petit nombre de générations tous nos basques connaîtront le français et qu'au bout de quelques générations de plus ils auront oublié la langue de leurs ancêtres.

En Espagne, le basque a perdu beaucoup de terrain depuis le commencement de ce siècle. Il y a 50 ans, il s'étendait au sud jusqu'à Puente la.Reyna (en Navarre); aujourd'hui les limites de cette langue passent un peu au nord de Pampelune ; par conséquent elles ont reculé d'environ 8 lieues vers le nord. Ce recul, qui s'est effectué graduellement, de proche en proche, contraste avec la fixité sinon absolue du moins, relative des limites du pays basque français ; mais en Espagne la langue basque se trouve aux prises avec une langue littéraire, organe officiel d'une nationalité que les Basques ont acceptée, -— tandis qu'en France elle est en présence d'un patois qui est déjà en décadence et qui, loin de pouvoir prétendre à l'absorber, périra probablement avant elle."


Réponse : Paul Broca, grand médecin.

C'est grosso-modo la description de ce qui s'est passé. Le basque crèvera après le gascon. C'est injuste tout de même, on était juste en train de conquérir Bardos dans ces années-là (il nous en aura fallu du temps d'ailleurs car depuis la fondation de La Bastide-Clairence, nous entourions ce village de toutes parts sauf un maigre corridor qui donnait sur Orègue) :)

lus sérieusement, il est évident que le basque survivra au gascon (tout comme le breton survivra au gallo) car le basque cumule deux avantages : un éloignement viscéral des structures grammaticales romanes (d'où exotisme, fascination, fierté) et une assise territoriale certes mensongère quant à l'extension véritable de la langue, mais bien ancrée dans les esprits (d'où l'importance de toujours lier une politique linguistique à des conceptions territoriales : faire la promotion du gascon sans clairement en parallèle avoir expliqué la Gascogne n'avait aucun sens).

Bref, nous sommes face à un fait ethnique, beaucoup plus résistant aux changements de longue durée.

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