lundi 15 mars 2010

Résultats du premier tour

Le premier tour des régionales a rendu son verdict. Je pense que l'on peut en tirer quelques conclusions :

- Forte abstention et rien de plus normal. Je ne suis pas de ceux qui diront que la campagne n'était pas de qualité, au contraire : LGV, réforme territoriale, eurorégions, ... La lecture des programmes était dense. Non, à la vérité, on voit très bien à l'aune de l'exemple corse (60% de participation) que seules les régions assises sur des cultures vernaculaires bien définies parviennent à mobiliser. Elles disposent alors de partis régionaux, d'une vie publique régionale autrement plus intéressante que de savoir qui va réparer les murs des lycées.

C'est donc en grande partie l'échec de la région, institution artificielle, décentralisation à la hussarde qui se base sur la déconcentration administrative. La régionalisation en France, ce n'est pas l'expression des régions, c'est Paris qui somme des assemblages de départements de se trouver des thématiques communes, une identité.

On voit bien les régions qui marchent, qui sont identifiées. D'une certaine manière, avec sa Septimanie, Frêche avait compris l'importance de la formation d'une identité régionale. Et en jouant le Sud contre Paris ces derniers mois, il a véritablement redonné vie à un petit peuple languedocien (il suffit de lire sur Internet les réactions des internautes de Midi Libre par exemple).


- L'autre conclusion, c'est l'échec des Verts en Aquitaine. On ne va pas jouer au "con", cela n'a strictement rien à voir avec l'alliance occitaniste. Encore que. On ne peut pas se faire élire dans une région encore rurale quand au fond, dans tout son programme, on n'a de cesse de s'opposer aux derniers avatars de la culture régionale. Chasse, agriculture, pastoralisme, ... Rien de plus logique que contrairement au reste de la France, les votes se soient plutôt portés sur la liste Lassalle du Modem.

Je suis assez sensible aux questions écologiques mais il faut savoir les défendre intelligemment dans une région rurale, en proie à la crise. D'une certaine manière, on peut faire le même reproche à la politique linguistique des occitanistes. Quelles conséquences ? Très certainement, la région se rendra compte à terme du peu d'intérêt pour la question linguistique des populations
locales, du moins telle que formulée par les occitanistes.

Emmanuelli a interprété le vote comme un référendum en faveur de la LGV. Il n'a pas tort je crois. Il y a quand même une vraie volonté de désenclavement, avec ce que cela implique d'acculturation. La civilisation du TGV est trop séduisante. La LGV se fera, parce que l'UE la désire et parce que les les citoyens la désirent. Alors, il faut en voir les aspects positifs : moins de 2 heures pour faire Pau-Bilbao, Pau, Tarbes et Bordeaux enfin correctement reliées, les Landes ancrées dans le système métropolitain bordelais (il faut bien se rendre compte qu'au fond, Bordeaux n'avait pour l'instant été relié qu'à son Nord non-gascon : ça joue pas mal identitairement parlant). Le Modem propose une eurorégion Navarre-Euskadi-Aquitaine-Aragon, c'est assez séduisant et la LGV peut alors être l'outil de la matérialisation de cette ambition.

Alors la LGV, il faut sans-doute l'accepter. Et là clairement, on se demande : mais pourquoi l'A65 juste avant ? Franchement, on ne comprend pas. Ce projet est l'inanité même quand il suffisait de basculer en 2*2 voies la route nationale (surtout que l'A65 est parallèle à la nationale sur tout le trajet !!!).


Donc, pour ma part deux conclusions majeures :

- L'échec de la régionalisation à la française. C'est une bonne nouvelle en fait pour tous ceux qui souhaitent, peut-être un jour, un retour de la Gascogne sur les cartes de France. Dans l'idée que mobiliser sur une vraie petite nation sera plus facile. C'est douteux.

- L'échec de la stratégie des Verts dans des régions rurales inquiètes pour leur avenir qui fait pendant à l'échec de l'occitanisme ces dernières années.

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