mardi 31 août 2010

Mes points de désaccord avec l'IBG

L'IBG est, pour dire les choses simplement, la seule alternative crédible à l'occitanisme en Béarn, occitanisme qui est en fin de course, soit que ses initiateurs ont perdu la foi, soit qu'il est aujourd'hui dans les mains d'une jeunesse un peu puérile qui s'amuse à rejouer Mai 68. Pourtant, je ne peux me reconnaître totalement dans ce mouvement, porté par des individualités estimables, quant à leur fine connaissance de la langue gasconne. En voici les raisons.

Je suis convaincu en premier lieu qu'il ne reste rien d'identité béarnaise. Sans-doute parce que je suis d'une génération plus jeune, donc qui a vécu en plein dans la France mondialisée des années 90, qui a constaté l'explosion de l'ancien monde, sa déliquescence. Ce constat, il est pour moi irrémédiable. Au demeurant, je ne souhaiterais pour rien au monde "démoraliser" les membres de l'IBG qui pourraient me lire. Je crois que sur ce point, il y a en apparence accord entre IBG et occitanistes : les deux sembleraient se murer dans la négation de la France contemporaine (je pense qu'au point où nous en sommes, c'est probablement même l'identité française qui est menacée, aussi bien via l'UE que du fait de la mondialisation économique ... La question de savoir si nous la pleurerons est autre). En fait, je pense qu'il n'en est rien, mais je parle sans savoir précisément : les propos de certains membres de l'IBG m'ont paru clairement marqués par un déni de réalité, ou en tout cas par l'idée qu'il y a encore des choses à sauver autour de la langue et au fond qu'il ne faut s'intéresser qu'à ce marché de niches. Les occitanistes dans leur action, ont clairement compris qu'il ne fallait plus rien attendre de l'ancien monde, que la transmission naturelle n'était plus depuis les années 50 et qu'il fallait donc inventer une identité occitane pour l'avenir.

Je crois que l'IBG peut payer très cher sa stratégie actuelle car d'ici 10 ans, il ne restera plus rien de ce Béarn fantasmé. Il n'y aura plus que la masse des quinquagénaires soucieux de renouer avec leurs racines, mais il n'y aura alors plus personne en vis-à-vis ! Ils se tourneront vers l'occitanisme qui lui, a pensé pour l'avenir. Et c'est là le danger de l'occitanisme pour les amoureux sincères de la Gascogne : face à la disparition de ce que certains ont pu appeler l'écosystème gascon, les arguments occitans porteront, ils ne pourront plus être contredits.

C'était donc mon premier point de désaccord : le Béarn n'existe plus. C'est pour cela d'ailleurs que je crois que rien n'empêche de communiquer en parlant du "gascon", chose que refusent les IBGistes, par peur d'être mal compris de la population béarnaise. Les occitanistes parviennent pourtant à imposer le terme occitan, escroquerie intellectuelle digne de la Padanie. Le terme béarnais est lui-même une introduction récente. Je m'entends : on a toujours parlé du "béarnais". Mais face au terme de "patois", sa victoire est assez récente. Tout comme le drapeau béarnais et autres symboles. Ce regain de fierté locale est la conséquence du militantisme occitan des années 60-70. On peut être reconnaissant à l'occitanisme d'Orthez d'avoir renouvelé le béarnisme. D'ailleurs, j'analyse l'occitanisme béarnais comme une volonté de sauter la case gasconne pour donner au Béarn une place qu'il ne mérite pas ! Notez que les Nissarts font la même chose, ils sont souvent d'obédience occitane pour contrer le félibrige provençal.

Mon second point de désaccord découle du constat de décès du Béarn, et de sa langue. Plus personne ne parle béarnais. C'est mort. Je le sais, je m'étonne d'être le seul avec d'autres rares personnes à oser exprimer ce constat. Je me demande où vivent parfois certaines personnes. Sur ce point, l'IBG m'a semblé plus réaliste, estimant par la bouche de certains de ses membres les plus éminents 1% de locuteurs de gascon à Pau. Ce doit être cela. Pour le reste, je ne comprends pas comment certaines personnes parviennent à passer à côté des mutations contemporaines. Nous sommes en terrain glissant et j'essaie de rester toujours modéré dans mes propos, mais enfin, la vérité du Béarn contemporain, et évidemment de la Gascogne, est celle d'un héliotropisme puissant et d'une substitution des populations autochtones. J'essaie de dire cela avec les euphémismes les plus subtils que je puisse trouver mais soyons brutaux : les Béarnais ne doivent plus représenter que 35% de la population du Béarn. Il suffit de prendre l'annuaire ... Il ne faut pas vomir ce monde naissant : sa variété est séduisante, nos villes sont toutes devenues de petites métropoles grisantes et mondialisées, il y a de l'émancipation dans l'air. Cependant, face à ce constat, je ne comprends pas comment les militants régionaux entendent sensibiliser à la question régionale des centaines de milliers d'individus venus de tout horizon, qui n'ont aucune attache sentimentale et généalogique à une terre. Ce boom démographique allié à la non-transmission expliquent à mon avis l'atonie actuelle. Il nous faut faire le deuil de l'ancien monde.

Les Basques sont très clairs sur cette question et disons-le, manquent de progressisme tel que la doxa l'entend : ils intimident les nouveaux venus qui s'installent chez eux, refusent de vendre leurs terrains, maintiennent en vie les structures agricoles anciennes. C'est une toute autre mentalité. Je crois que ni à l'IBG, ni chez les occitanistes, on ne trouvera des personnalités qui défendront une politique culturelle aussi ombrageuse, et désagréable il faut le dire. Faut-il s'en réjouir pour autant ? Probablement. Pour ma part, je suis très partagé sur la question. Je crois qu'en étant désagréable, le peuple basque conserve sa base "ethnique", et donc sa culture. Passons, tout cela nous dépasse.

Donc, la langue est morte. Voilà mon reproche principal : face à ce constat, l'IBG ne semble pas développer d'issues de secours. On lui parle explicitement de défense du Béarn, l'IBG nous répond défense du béarnais. Le tropisme linguistique me semble une triste réalité. Or, quand la matière première sera éteinte, que faire ? Je pense fermement que la culture gasconne va au delà de la langue. Je pense notamment à l'importance des paysages, de l'architecture, de l'unité géographique enserrée dans le bassin garonnais. Et dans ce combat, les alliés de l'IBG sont bien encombrants : les petits maires ruraux qui vomissent l'occitan par anti-intellectualisme, sont les premiers à foutre en l'air le Béarn en saccageant les terres agricoles, en lotissant les centre-bourgs, en comblant les fossés, ... Les ennemis du Béarn sont les Béarnais déconscientisés ! Voir l'IBG perdre son temps sur les panneaux bilingues est chagrinant ... Il y a tellement de facettes de l'identité béarnaise à essayer de sauver plutôt que de s'acharner sur une pauvre langue, celle des grands-parents, que plus personne ne parle, ne chante, ne lit. Plutôt même que de fournir des versions bilingues, on ferait mieux d'aider les municipalités à renouer avec leurs racines linguistiques via le français. Pour résumer, je préfèrerais que l'IBG vienne dire aux petits maires que le futur lotissement communal doit s'appeler du nom de la ferme "Peyroulet" dont dépend le champ et que les maisons à construire doivent respecter l'architecture locale (il suffit d'un PLU bien ficelé) plutôt que de passer après les occitanistes qui auront traduit "Lotiment de las Flors" une greffe de banlieue marseillaise en Béarn rural. Je crois véritablement que n'aimer du Béarn que la langue est sans intérêt.

L'IBG ne comprend pas le Béarn. Le Béarn n'est pas une entité linguistique : il est traversé par ce que je crois être l'isoglosse la plus importante, à savoir "-e/o" en finale, avec Orthez en domaine pré-landais, et l'Est béarnais déjà en vocalisme toulousain. Sans oublier que la montagne béarnaise (dont Ossau à date plus ancienne) est de parler pyrénéen. Seule la définition du linguiste Luchaire se justifiait : on ne peut nommer béarnais que les parlers gascons du Béarn dans leur diversité, et à ce titre, on peut donc détecter plusieurs béarnais, dont le béarnais administratif des textes médiévaux, ainsi que le béarnais littéraire basé sur la langue de Pau, ... Je persiste donc à dire que "béarnais" est une affaire de bourgeois palois. Et si l'on disait parler "béarnais", ce n'était pas par conscience d'un domaine linguistique (il n'existe pas !), c'est parce que l'on signifiait que l'on parlait la langue romane propre au pays de Béarn. Bref, dire "je parle béarnais", c'était dire en fait "je suis Béarnais et je m'exprime dans un langage propre à ce pays". Toute tentative de déduire de ces phénomènes socio-linguistiques une réalité linguistique est condamnée au ridicule, surtout depuis la démonstration scientifique du fait linguistique gascon par l'Ecole de Toulouse via l'ALG. On peut certes appeler "béarnais" la langue littéraire de Camelat. Personne ne trouve à redire à cette appellation mais c'est là une problématique distincte, celle de la normalisation.

Je finirai en disant que je me demande parfois de quel Béarn certains béarnisants sont issus. S'ils étaient vraiment si authentiquement Béarnais, ils sauraient qu'il n'y a jamais eu de frontière entre le Béarn et ses voisins. Du côté de mon père, les enclavés épousaient des filles béarnaises des environs, ceux du Vic-Bilh allaient épouser des gens de Rivière-Basse, ceux de Salies des "Navarrais" d'Escos, des Landais, des "Gramontais" voire des Basques. Quand on habite Nay, qui peut dire qu'on ne regarde pas vers Lourdes ? Quel Orthézien niera la sensation de communauté avec Orthe et la Chalosse ? Et les Ossalois et la lande ! Palay qui raconte Vic-Bigorre ! Je le crois profondément, les hyper-béarnisants sont souvent des gens nés à Pau qui n'ont du Béarn qu'une vision folklorique, faite d'Henri IV et de Bernadotte, qui au fond connaissent mal le Béarn et les pays vécus par les Béarnais. Quant aux autres pays gascons, ils gagneraient à s'ouvrir à eux, car je conçois difficilement que l'on puisse être patriote béarnais sans être en empathie pour ces voisins qui parlent la même langue, ont les mêmes patronymes, j'irais jusqu'à dire les mêmes faciès. Cette dénégation de la Gascogne par les Béarnais n'a au fond pour seul équivalent que la dénégation des Nissarts, à ceci-près que Nice est effectivement une transition entre Ligurie, Gavotie et Provence, alors que le Béarn bute sur le Pays Basque et l'Aragon, et qu'il peut difficilement justifier d'un tel caractère transitionnel.

17 commentaires:

  1. Toujours aussi passionnant et finement analysé, aussi cruel soit le constat...

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  2. Vincent Poudampa est implacablement juste dans ses analyses.

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  3. Je lis ce site avec beaucoup d'attention. V. Poudampa y fait preuve d'une remarquable connaissance du fait gascon. Ses analyses sont terriblement justes et, à mon grand ravissement, n'épargnent aucun de ceux qui doivent être sans cesse remis à leur juste place: occitanistes, béarnistes, gasconistes quand nécessaire. Pas de complaisance, pas de copinage, pas de fayotage. C'est cruel, c'est juste, c'est impitoyable et c'est sain.

    P.Lartigue

    PS: Je n'aime pas parler de manière anonyme sur le net, c'est trop facile. Je déteste les gens qui se défoulent sous couvert de pseudos. Donc, je valide ANONYME parce que je ne sais pas comment faire autrement.

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  4. Bonsoir,je suis membre de l'IBG mais je me permets de livrer quelques commentaires sur votre article en mon nom propre.
    "C'était donc mon premier point de désaccord : le Béarn n'existe plus. C'est pour cela d'ailleurs que je crois que rien n'empêche de communiquer en parlant du "gascon", chose que refusent les IBGistes, par peur d'être mal compris de la population béarnaise."
    Tout d'abord, je ne vois pas à quel moment les "IBGistes" refusent de communiquer en parlant du gascon.Pour preuve, l'accès au site de l'IBG se fait notamment par www.languegasconne.com.
    "Donc, la langue est morte. Voilà mon reproche principal : face à ce constat, l'IBG ne semble pas développer d'issues de secours "
    La langue est peut être morte, mais cela ne m'empêche pas de la parler à ma femme, mes parents et à mes filles de 8 et 12 ans. De partager avec elles la joie de chanter dans cette langue,de placer des Adichats le matin et le soir à mon travail. A chaque fois que j'en ai l'occasion je parle de l'histoire de la Gascogne, de l'Aquitaine de Jules César aux mousquetaires d'Alexandre Dumas. Vous jugerez cela bien dérisoire. Pourtant tout cela obtient un écho,fort léger mais réel.
    "L'IBG ne comprend pas le Béarn. Le Béarn n'est pas une entité linguistique".
    Bien entendu que le Béarn n'est pas une entité linguistique,je n'ai pas encore détecté de différence de parler entre mon père né dans le canton d'Arzacq et mon oncle du canton d'Hagetmau.
    Par contre quand je rencontre mes amis habitant Tarbes, je les entends facilement dire -nous autres les Bigourdans- faut-il parler de tropisme Bigourdans ?
    Je pense que l'on peut se sentir Béarnais et en ressentir un vague sentiment de fierté certes puéril sans que cela occulte toute ouverture d'esprit.
    Vous l'avez compris, je ne me reconnais pas dans votre description de l'IBG. Pour conclure, je ne pense pas que nos sentiments sur la culture gasconne (même si j'ai un attachement particulier à ma Béarnitude.....)soient si éloignées que nous ne puissions travailler ensemble pour transmettre ou sauver ce qui peut l'être encore.
    Bonne soirée et bravo pour votre blog que je consulte avec beaucoup d'intérêt.

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  5. Bonsoir,je suis membre de l'IBG mais je me permets de livrer quelques commentaires sur votre article en mon nom propre.
    "C'était donc mon premier point de désaccord : le Béarn n'existe plus. C'est pour cela d'ailleurs que je crois que rien n'empêche de communiquer en parlant du "gascon", chose que refusent les IBGistes, par peur d'être mal compris de la population béarnaise."
    Tout d'abord, je ne vois pas à quel moment les "IBGistes" refusent de communiquer en parlant du gascon.Pour preuve, l'accès au site de l'IBG se fait notamment par www.languegasconne.com.
    "Donc, la langue est morte. Voilà mon reproche principal : face à ce constat, l'IBG ne semble pas développer d'issues de secours "
    La langue est peut être morte, mais cela ne m'empêche pas de la parler à ma femme, mes parents et à mes filles de 8 et 12 ans. De partager avec elles la joie de chanter dans cette langue,de placer des Adichats le matin et le soir à mon travail. A chaque fois que j'en ai l'occasion je parle de l'histoire de la Gascogne, de l'Aquitaine de Jules César aux mousquetaires d'Alexandre Dumas. Vous jugerez cela bien dérisoire. Pourtant tout cela obtient un écho,fort léger mais réel.
    "L'IBG ne comprend pas le Béarn. Le Béarn n'est pas une entité linguistique".
    Bien entendu que le Béarn n'est pas une entité linguistique,je n'ai pas encore détecté de différence de parler entre mon père né dans le canton d'Arzacq et mon oncle du canton d'Hagetmau.
    Par contre quand je rencontre mes amis habitant Tarbes, je les entends facilement dire -nous autres les Bigourdans- faut-il parler de tropisme Bigourdans ?
    Je pense que l'on peut se sentir Béarnais et en ressentir un vague sentiment de fierté certes puéril sans que cela occulte toute ouverture d'esprit.
    Vous l'avez compris, je ne me reconnais pas dans votre description de l'IBG. Pour conclure, je ne pense pas que nos sentiments sur la culture gasconne (même si j'ai un attachement particulier à ma Béarnitude.....)soient si éloignées que nous ne puissions travailler ensemble pour transmettre ou sauver ce qui peut l'être encore.
    Bonne soirée et bravo pour votre blog que je consulte avec beaucoup d'intérêt.

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  6. Je suis tout à fait d'accord avec ce que vous avancez, je pense qu'il est primordial de conserver les identités locales béarnaise, bigourdane, chalossaise, ... Quand je dis que le Béarn est mort, je ne le dis pas pour nier qu'il ait jamais existé, je le dis par tristesse de voir que l'identité béarnaise s'évanouit. Quand vos amis bigourdans se disent "Bigourdans", ils le font en référence à un passé historique, pas linguistique.

    Amistats biarneses,

    V.Poudampa

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  7. Ce 22 janvier 2011, je découvre ce magnifique exposé de Vincent Poudampa, dont je lis toujours avec plaisir les intervention sur Gasconha-doman.
    Je ressent tout comme lui, sauf à nuancer son appréciation sur les gens de l'I.B.G.
    Et en cela, je suis en plein accord avec Didier Dufourcq.
    Le drame de l'I.B.G. est d'avoir été fondé d'abord contre l'occitanisme par quelques personnes totalement allergiques à la définition d'une doctrine de l'institution et à la constitution du Conseil scientifique prévu par ses statuts, au motif que ce genre de réflexions « passe au-dessus du béret » de la plupart des adhérents.
    C'est mépriser les adhérents, ou avouer la peur de l'effort intellectuel.
    Vincent Poudampa n'a pas cette peur. Dommage qu'il n'y ait pas 10 personnes comme lui dans l'équipe dirigeante de l'I.B.G.
    Et pourtant, l'I.B.G. existe...
    Évoluera-t-il en bien ou sombrera-t-il dans le populisme ?
    Il nous reste à prier, avec Simin Palay,la Bigourdane Bernadette Soubirous et la Dame qu'elle a entendu lui parler gascon.

    Jean Lafitte qui, comme l'ami Philippe Lartigue, n'a pas compris le fonctionnement de la liste des "profils".

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  8. Superbes analyses en effet, qui s'adressent à 10 personnes.. Mais au final, ça ne fait bouger personne : les occitanistes vous snobent, et les bearnistes ont d'autres chats à fouetter..
    Allez vous incarner la troisième voix ? Celle qui nous mènera vers la grande nation gasconne unifiée ?

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  10. Merci Thierry pour cette intervention brillante, qui se focalise essentiellement sur le fond ! Mais c'est quoi cette langue morte que tu utilises ? Remarque, ta rhétorique désuète (attention, la bête immonde, les fachos !) indique que tu te trouves dans les années 60, elle est peut-être encore utilisée à ton époque.

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  11. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  12. Dans les années 30, on construisait de belles choses, j'adore le néo-régionalisme de l'époque. L'entre-deux-guerres est une ère merveilleuse. On parlait même communément la langue que tu crois savoir parler (n'essaie pas d'écrire en gascon, tu fais une faute tous les deux mots : tu ne sais pas utiliser le que énonciatif, tu emploies des mots languedociens, tu ne sais pas contracter les pronoms, ...).

    Sinon, la langue de ton premier commentaire n'est certainement pas du gascon (en tout cas standard) mais du languedocien : pas de vocalisation de 'l' final, pas de formes inchoatives gasconnes "eish", pas de ar- prosthétique, pas de que énonciatif, ...

    A part cela, je plains ces trentenaires, quadras et quinquas qui voient le fascisme partout, à défaut de l'avoir connu véritablement. A force de le voir partout, il va bien venir, sinon c'est à désespérer de vos pouvoirs incantatoires.

    Nationaliste à la petite semelle, va. L'occitanisme est né dans les manifestations d'arsouilles languedociennes qui défendaient leur mauvais vin, Dieu sait dans quel sordide tartarinesque il s'achèvera.

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    1. Las fòrmas en -eish concèrnan sonque una petita partida de Gasconha ; lo que enonciatiu e lo a prostetic dispareishen en nòrd-gascon.

      Gaby

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  14. Comme il fallait s'y attendre, je partage largement l'analyse de Vincent.P.
    Le tropisme lingüistique (la priorité absolue donnée à la sauvegarde de la langue) devient contre-productif au moment où le sauvetage de la langue ne serait possible (et encore !) que par un sursaut NATIONAL béarnais ou gascon, hautement improbable maintenant.

    Quelques idées pêle-même, de choses qu'il est possible et important de sauver et promouvoir :
    - le chant à plusieurs voix, en gascon, mais aussi en français, et accessoirement en basque, en castillan... cela comme moment de communion ;
    - la cuisine : retrouver et actualiser les plats locaux fait avec des produits locaux ;
    - l'architecture, le paysage (arrêter le massacre actuel, actualiser les techniques et formes traditionnelles, inventer en fonction du lieu et du climat...).
    Si on réussissait sur ce genre de choses (mais il doit y en avoir bien d'autres : par exemple une réactualisation du béret...), en posant sur tous les succès obtenus l'étiquette "Béarn" imbriquée à celle de "Gascogne", alors le Béarn, la Gascogne, recommenceraient à faire rêver. Nous aurions gagné ! Même la langue pourrait y retrouver une vigueur symbolique, à défaut de pouvoir redevenir la langue normale. Cercle vertueux...

    Alors, on pourrait aussi obtenir un découpage administratif qui réintègre la Gascogne et le Béarn. Je pense à une région Gascogne sans Bordeaux et Toulouse, centrée justement sur le Béarn qui serait, lui, un "pays" de plein exercice...

    Quant à la remarque de Pène d'Arcos "Superbes analyses en effet, qui s'adressent à 10 personnes" :
    1) Quand 5 personnes laissent un commentaire sur un article du web, ce sont peut-être 50 personnes qui l'ont lu avec intérêt, et 200 personnes qui l'ont lu à la va-vite mais en garderont, pour certaines, une graine qui germera.
    2) La qualité ne s'accorde pas toujours bien avec la quantité.
    3) Des idées justes ont tendance à prospérer, du seul fait qu'elles sont justes, même si elles sont au départ émises en cercle restreint.

    Quant à la "grande nation gasconne unifiée" : pourquoi ce sarcasme ? S'il y avait eu un mouvement nationaliste gascon fort dans les années 1900, nous n'en serions peut-être pas à pleurer la perte de la langue et du reste !

    Après, le nationalisme ou le patriotisme, il en faut, mais à doses modérées. C'est comme les nitrates ou n'importe quelle substance chimique : nécessaire à dose modérée, du poison à forte dose (voyez les ravages de la guerre de 14) !

    Et il m'a semblé que l'IBG comptait aussi des nationalistes... français !

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  15. Bonjour,

    Quelques juristes béarnais et gascons dont je suis planchent actuellement sur les conséquences de l'éventualité d'un futur département basque. Faudra-il envisager un département béarnais, sous quelle forme, ou d'une région gasconne ? Les partis occitans ne vont-ils pas saisir cette opportunité pour revendiquer à leur tour ce qu'ils martèlent depuis 30 ans, la pan-occitanie autonome ? A un moment donné, il faudra que la gascogne se pose la question de son avenir... sinon, mort certaine, annexion, frustrations...

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  16. Sujet passionnant... Il faudra un jour ou l'autre que les gascons se réunissent et choisissent leur destin. Sinon: français ou occitans de force...

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N'hésitez pas à commenter et à me corriger.