jeudi 5 août 2010

Salignes-de-Béarn ?

J'ai acheté le dernier album de Verd e Blu (chouette CD) et dans une chanson salisienne (de Salies-de-Béarn), Tisné prononce notablement le nom de la ville en gascon :

"Salignes" /sa'liɲœs/

Généralement, Salies se prononce tantôt /sa'lis/, issu du roman salinas (=salines), avec le groupe -ia qui devient -i dans le gascon landais (d'où le patronyme Salis), tantôt /sa'li(n)œs/ plus localement en gascon d'Orthez, avec forte nasalisation, probablement "nasiqueyante".

Je n'avais cependant jamais eu connaissance d'une forme, probablement très locale, avec mouillure, qui n'est pas sans rappeler d'autre phénomène en gascon (unh'aute par exemple). Le gascon est une langue très nasale une fois de plus, c'est probablement l'un des traits de différenciation les plus notables d'avec le languedocien qui a dénasalisé à date ancienne. On ne peut passer sous silence que c'est là également un trait connu en basque où le traitement de n intervocalique est très varié (parfois chute, parfois h, parfois bilabialisation en m, parfois mouillure).

Au passage, on dit trop vite que le gascon du Béarn a dénasalisé les n finaux. Outre les phénomènes de nasillement de la région d'Orthez, l'ALG montre bien que les phénomènes de nasalisation touchent, certes irrégulièrement, tous les parlers du Béarn, à l'exception des vallées pyrénéennes. La Bigorre a beaucoup plus massivement dénasalisé n final. J'ai enregistré ma grand-mère originaire du pays des Luys, les phénomènes de nasalisation sont perceptibles, pas systématiquement. D'ailleurs, à ce propos j'ai un problème, car si elle prononce /gabas'tu(n)/ pour Gabaston, elle prononce /au'lyunn/ avec n dental final pour Ouillon, ce qui cadre mal dès lors avec une étymologie romane sur le latin -onem indiquant la possession.

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