mardi 26 octobre 2010

Panneaux en occitan sur la sellette à Villeneuve-lès-Maguelone

Le Tribunal Administratif de Montpellier a enjoint le maire de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone de retirer les panneaux bilingues "Vilanòva de Magalona" à l'entrée de la ville.


Pour les profanes, voici résumée l'argumentation du TA :

- Le Conseil Constitutionnel a conditionné l'usage d'une autre langue que le français dans l'espace public à des "circonstances particulières". La commune est incapable de faire la preuve que la forme restituée occitane possède une quelconque légitimité historique (on peut supposer qu'une forme "félibréenne" phonétique en aurait eu une), il n'y a donc pas de "circonstances particulières", dès lors les panneaux sont illégaux.

- De plus, la graphie employée ne respecte pas le code diacritique qu'impose le Code de la Route, en l'espèce il s'agit de "ò" qui n'est pas un caractère reconnu.

C'est implacable, le juge donne 2 mois pour que les panneaux soient retirés.

Si cela part en appel puis devant le Conseil d'Etat et dans l'hypothèse où ce jugement est confirmé à chaque étape, ça va trembler dans les chaumières occitanes. En fin de compte, ce n'est pas moins que sur la légitimité de la graphie occitane que se prononce le juge.

Evidemment, les occitanistes ont ridiculisé à tort ce jugement comme étant très scrupuleux de la sécurité routière : les occitanistes ne savent donc pas lire une décision de justice, à savoir que l'annulation n'est pas fondée sur le seul Code de la Route (même si ce seul moyen suffisait) mais également sur l'interprétation que fait le juge de la jurisprudence du Conseil Constitutionnel relative aux "circonstances particulières" justifiant l'usage d'une autre langue que le français dans l'espace public. En l'espèce, le moyen utilisé par le juge est l'absence de légitimité historique, qui dès lors ne saurait fonder une circonstance particulière. Il fait assez peu de doute que la commune a mal ficelé sa défense car il doit être possible de trouver une attestation ancienne qui ressemble quelque peu à la version restituée occitane.

Reste un argument massue en appel : que faire avec les langues qui possèdent des signes diacritiques qui ne seraient pas connus du français ? Certes, le seul moyen des "circonstances particulières" suffit en l'espèce, mais quid si cette condition réunie, la graphie employée ne cadre pas avec l'orthographe du français ? Bref, ne condamne-t-on pas toute initiative de panneau bilingue dès lors que la graphie employée n'est pas conforme à celle du français ? Au fond, le juge s'il y a appel devra juger du bien-fondé graphique des langues de France, du moins dans l'espace public.

Dans tous les cas, les occitanistes sont punis pour ne pas avoir porté le débat sur le terrain de la confrontation idéologique avec ces obsédés de l'unité républicaine. Il n'y a pas de soutien populaire et le droit ne sera jamais du côté des occitanistes. Dire que ces naïfs faisaient cas des nouvelles dispositions constitutionnelles ! Evidemment, la démarche de l'association est à condamner mais voilà les conséquences d'années d'autisme, d'incapacité à viser l'ennemi. Bien fait, c'est tout ce que l'on peut dire.

33 commentaires:

  1. J'avoue que je suis d'accord quand tu dis que la mairie a mal ficelé sa défense. Elle aurait du chercher cette fameuse circonstance particulière. Par contre supposer qu'une graphie phonétique félibréenne en aurait eu, c'est du pur fantasme. Pour prendre l'exemple de ma région, le Limousin, toutes les graphies anciennes, attestées dans des actes municipaux, notariés, sont en graphie classique ou presque. Il n'y a aucun acte officiel dans lequel serait écrit Limogei. C'est toujours Lemotges. Après, bien sûr, il faudrait étudier les textes anciens mais je ne pense pas qu'il y ait de textes officiels (je ne parle pas de quelques poésies patoises) portant "vilonovo dé magalouno". En espérant que le MRSP ne s'attaque pas aux communes provençales qui auront elles aussi énormément de mal à faire la preuve d'un usage des formes félibréennes (hors le dico de Mistral).

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  2. Il me semble malhonnête de dire que les anciennes graphies seraient en "graphie classique" : disons que la graphie alibertine appliquée aux dialectes limousins s'inspire de choix orthographiques médiévaux (parfois en dépit du bon sens et par grave méconnaissance de ce que cette scripta notait comme son). Ce qui pose évidemment le problème des différences, notamment en matière d'accentuation mais ainsi que celui de la variété des graphies médiévales. Dans le cas d'espèce, la municipalité ne pourra pas faire état d'une ancienne attestation qui serait "Vilanòva de Magalona", accentuée d'une part, caractérisée d'autre part (je n'ai pas fait de recherches, mais à vue de nez, "de Magalona" sent la reprise du terme administratif français, les attestations anciennes ne doivent qu'être ad libitum des dérivés romans de Villam Novam).

    Dans tous les cas, si cette jurisprudence devait être confirmée, elle signe la fin de toute cohérence graphique puisque la moindre attestation ancienne trouverait une légitimité. La juridiction administrative est peut-être sur le point de dire une chose qui est évidente en droit : il n'y a pas de graphie officielle pour la "langue d'oc-occitan". A mon avis, le jugement d'appel va prendre d'autres pistes, même si c'est difficile dans la mesure où il s'agit de la jurisprudence établie par le Conseil Constitutionnel (et qui donc s'impose aux juridictions administratives).

    Pour le reste, pour une graphie félibréenne à "justifier", je pense qu'une défense aisée passerait par les attestations des dicos et autres nomenclatures du XIXème. In fine, je pense même que si la commune de Villeneuve avait été plus intelligente (mais le maire ne parle pas la langue du panneau qu'il appose ... c'est du gadget), jamais un tel jugement n'aurait été prononcé. Faut vraiment être con, il n'y a pas d'autres mots, pour faire référence à la Charte des langues minoritaires qui n'a pas été ratifiée ou aux dispositions constitutionnelles récentes qui ne sont que des déclarations de principe ! Il fallait bétonner le dossier avec explications linguistiques à la clé, mais ça les occitanistes n'en sont pas capables, parce qu'il y a un grave manque de compétence technique dans le milieu occitan, qui n'est plus composé que de gentils poètes et de profs à la retraite.

    J'ajoute un dernier élément que beaucoup taisent par pudibonderie : le fait que l'opposant aux panneaux est ce que l'on appelle pudiquement un rapatrié n'est pas sans conséquence sur sa sociologie politique. Au fond, ce n'est qu'une illustration de plus de la colonisation (à rebours) du Languedoc. Tant que les occitanistes ne prendront pas en compte cette question de la substitution des populations autochtones, ils ne seront pas crédibles.

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  3. Moi, je pense qu'une défense basée sur un ou deux dico du XIXe siècle ca tient pas la route. Alors qu'un nom attesté par plusieurs actes officiels (émanant d'autorités publiques ou de notaires), même remontant au Moyen-Age, ça aurait plus de poids face à un juge. Si je reprends le cas de Limoges, plusieurs textes attestent Lemotges, Mistral note Limogei, Dhéralde utilise une autre graphie, avec des signes diacritique bien pire qu'un simple accent grave (je ne l'ai pas en tête là). Le dossier attestant d'une légitimité historique serait autrement plus costaud avec Lemotges.

    Pour ce qui est de l'origine du plaignant, je pense qu'il n'y a aucune raison de la prendre en compte. A moins de vouloir faire de l'occitanisme une idéologie raciste. La question de la substitution de la population autochtone est bien sûr à prendre en compte dans la réflexion sur la transmission de la langue occitane. Et pour être personnellement un immigré en terre d'oc, je ne suis pas sûr que cette substitution soit un problème : certes la population nouvelle est déconnectée de la réalité culturelle mais elle n'a pas non plus la "vergonha" quand elle se l'approprie.

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  4. Tu penses mais tu n'en sais rien. Cela ne marche pas comme cela la justice, en l'espèce il s'agira de la conviction profonde du juge puisqu'il n'existe pas de texte réglementaire explicitant ce qu'est une graphie attestée historiquement. Un procès, c'est un débat, en l'absence de règles écrites, il relève du juge d'expliciter ce qu'a voulu dire le Conseil Constitutionnel. Donc on verra en appel, si la commune est assez habile. Sinon, ce sera bien fait et vous aurez une occasion de vous grimer pour aller manifester à Carcassonne. Vous adorez vous "bouléguer".

    Quant au refus de prendre en compte la sociologie politique du plaignant qui est le fruit de ses origines, c'est, ou bien de l'autisme bien-pensant (très probable), ou bien un manque de connaissances du monde pied-noir. Dans les deux cas il est ridicule de jouer à la vierge effarouchée en s'interdisant de remarquer de telles choses. Dans 100 ans peut-être, on osera dire les choses et comme nous serons tous morts, on parlera sans tabou de la colonisation du Languedoc et de l'éradication de ses autochtones.

    Enfin, je ne vois aucun intérêt à ce que la langue d'oc survive si elle n'est pas parlée par les descendants des Occitans. Pour ce qui me concerne, je refuse de devenir un Amérindien noyé dans la masse, mais je refuse également que la langue de mes ancêtres devienne le loisir snob des classes mobiles. Je trouve ta dernière phrase effroyable, elle suinte la haine des autochtones accusés d'être des "vergougnous". Tu ne possèdes pas une légitimité historique supérieure à dire cette langue la tienne. Enfin, il faudra m'expliquer comme on occitanise les millions de personnes vivant en Occitanie mais qui n'y ont pas d'attaches généalogiques. Déjà que les enfants du pays se foutent de la langue de papi, alors les nouveaux venus ... Mais bon, le monde merveilleux de l'Occitanie n'a pas à connaitre de toutes ces problématiques qui dépriment, parce qu'on se "boulègue" en Occitanie et qu'on n'a pas "bergougne" contrairement aux paysans obscurantistes. Bravo les enfants. Et puis à bas le nucléaire et vive l'ours dans les montagnes ! Le tout au son des fifres : "Joan Petit que dança !".

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  5. Pour ce qui est de l'avis du juge, je ne sais pas ce qui pourra remporter le morceau, tout comme toi d'ailleurs. Qui sait si le juge sera plus sensible à une graphie félibréenne qu'à une graphie médiévale (ou à pas de graphie du tout..).

    Pour ce qui est de Robert Hadjadj, il est peut être pied-noir, je n'en sais rien. Que cela expliquerait son attachement à une certaine idée de la France qui le conduit à être jacobin, sans aucun doute. Mais ce qui m'intéresse c'est le problème juridique qui se pose, pas de savoir quelles sont les origines des jacobins en Occitanie (des pied-noirs occitanistes ca existe tout comme les autochtones jacobins). Parler de "colonisation" et "d'éradication de ses autochtones" en parlant du rapatriement d'Algérie me semble excessif. On pourrait aussi le dire des migrations plus actuelles (celles des années 70 et 80) en provenance du même continent, certains à l'extrême droite ne s'en privent pas. Moi, je m'y refuse. Même si je reconnais le changement démographique profond qu'a connu l'Occitanie à ce moment là, sans parler des migrations de français du Nord, lié à l'économie dans les années 90. Prendre en compte ces changements dans l'explication de la perte de la culture occitane est nécessaire, bien entendu. Le prendre en compte pour sa survie également.

    Pour ce qui est de la "vergonha", excuse-moi, je ne vois pas en quoi je suis haineux. Il faut aussi savoir se poser ce genre de questions. Pourquoi, jusque dans les rangs occitanistes, il est si dur pour des occitanophones de parler leur langue. Les ressorts psychologiques sont énormes ici. Est-il normal de penser qu'en parlant sa langue maternelle on est un amérindien noyé dans la masse et qu'on ne doit donc pas le faire ? Que les autres ne doivent pas non plus la parler ? Ca fait un peu "ma langue crèvera avec moi". Ce qui semble normal c'est de parler sa langue maternelle, dans la rue, avec ses amis, sa famille. Je n'ai aucune légitimité à parler occitan (enfin, je dois bien avoir des ancêtres dans coin du monde, en cherchant bien) et je n'ai pas à en avoir. J'ai appris la langue avec des autochtones et je la parle avec des autochtones, comme tu dis. Je la parle à mon fils, né en Limousin. Quand bien même cela gênerait. Mais je n'ai pas de haine pour ces paysans ou citadins qui, pour tout un tas de raisons, souvent lié à des traumatismes de l'enfance (interdit parental, scolaire, ...) se refusent à parler leur langue. Mais ne pas prendre en compte cette part psychologique dans l'abandon de la langue (pour mieux la dépasser), c'est se voiler la face.

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  6. En effet pour le jugement, jurisprudence reste à faire : je pense que l'affaire remontera jusqu'au Conseil d'Etat qui la fixera de telle sorte qu'alors la bataille sera finie. Si l'on prend du recul, je pense que l'occitanisme perdra parce que sociologiquement les institutions françaises lui sont défavorables (du moins celles qui auront à juger, les collectivités locales sont plutôt occitanolâtres), mais essentiellement parce que l'occitanisme est incapable de se défendre sur le plan juridique, il ne sait que faire de la morale "c'est pas juste". Ce sont des incompétents.

    Pour le reste, bien que de gauche, je ne me prive pas de remarquer la substitution de population à l'oeuvre : les Occitans sont en minorité en Occitanie. C'est comme ça. Je crois impossible tout sentiment occitan dans de telles conditions : nous sommes morts, avalés par l'Histoire. Les occitanistes se refusent à faire de tels constats, d'une part parce que nombre d'entre eux sont des Français du Nord qui se sont pris de passion pour l'occitan (dès lors ils ne peuvent pas porter accusation sur ces thématiques), d'autre part parce que la sociologie politique de l'occitanisme, c'est du prêche de 68ard attardé, des bons sentiments. On ne peut plus sauver les identités locales dans un monde de mouvement généralisé, où plus personne ne fait souche, où la mixité est la règle. Mais moi je n'ai rien contre ce nouveau monde multiculturel sans racines : c'est agréable ce tumulte perpétuel, l'anonymat des grandes villes, la vibration culturelle. Mais pas d'Occitanie dans ce monde-là. C'est foutu. La langue occitane est morte, les Occitans ont ensuite physiquement disparu d'abord de leurs villes maintenant de leurs campagnes, il reste l'Occitanie comme artéfact sentimental, le Sud de la France qui n'a même plus l'accent. Oui, nous sommes des Amérindiens.

    Enfin, l'occitan n'est aujourd'hui la langue maternelle de personne : les calandrons parlent une autre langue qu'ils oublient à leur majorité, les vieux paysans attendent de crever, le reste c'est un tout informe qui pense en français, pire comme un Français. Game Over.

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  7. Concernant la jurisprudence, on verra aussi ce que donnera la plainte de l'IGB à propos de la ville de Billère. Sauf que dans ce cas, il n'y a pas de signe hors graphie française. On demandera peut être de déplacer le panneau de jumelage. Ce qui est marrant c'est que ce soit Robert Hadjadj qui en fasse la promotion ! Comme quoi, contre l'ennemi occitan, les jacobins sont prêts à s'allier avec les gasconistes.

    http://www.mouvementrépublicaindesalutpublic.org/spip.php?article10

    Pour ce qui est de la substitution de la population, je suis d'accord sur le constat. Je suis un Français du Nord venu prendre le boulot des occitans, passionné par leur langue. Enfin, du Nord... Tout est relatif. Il ne faut pas regarder ou mes grands-parents sont nés ! De plus, les sentiments n'ont rien à voir avec les origines. Tu parles d'un monde multiculturel sans racines, de mouvement généralisé, ... C'est justement ce qui fera qu'il y aura un enracinement nouveau. Il se fera (il se fait) sans forcément se soucier des origines des gens. Le défi de l'occitanisme du XXIe siècle est bien de relancer (le mot est malheureux mais je n'en trouve pas d'autres) la culture occitane à partir de cette nouvelle base sociologique.

    Et je tiens à te signaler que l'occitan est la langue maternelle de beaucoup de monde en Limousin. Ne t'en déplaise. La partie n'est finie que si on ne la joue pas.

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  8. Stratégiquement parlant, je pense que l'IBG a plutôt raison de jouer à "plus républicain que moi tu meurs". Cela marche devant les tribunaux, cela marche dans l'opinion (un discours politique sans un pompeux qui se targue des valeurs républicaines, ça existe ?), il suffit de dire "République" et la France entière vibre et bande.

    Pour quelle raison ? Je pense sincèrement qu'il faut détruire l'occitanisme. Mais enfin pourquoi ? Parce que j'ai également compris que les occitanistes entendent recréer quelque chose, que c'est un défi louable, le seul qu'il reste d'ailleurs. Je crois que les occitanistes ont tout compris, qu'il faut faire table rase du passé, que jamais de toute façon l'Occitanie ne renaîtra dans sa diversité, et qu'il faut donc sauver les meubles, ces meubles en question sont à affiner, c'est l'identité occitane qui se construit, dans les calandretas, sur le net, dans les manifs. L'Occitanie n'est donc plus la somme a posteriori des identités vernaculaires traditionnelles (les Gascons, les Provençaux, les Limousins, ...), c'est un projet politique a priori, décloisonné, qui irrigue du haut vers le bas en sautant l'étape des poupées gigognes, pour cause il ne reste plus rien de ce monde.

    Bref, parce que les occitanistes sont intelligents contrairement aux provençalistes par exemple qui n'ont rien compris aux mutations contemporaines, ils savent qu'il faut passer à autre chose, inventer une identité, qui pourra passer par une langue unique, mais plus probablement sera juste un signe distinctif un peu vague genre "je suis du Sud". Et là pour moi c'est clair : je le refuse. Si je pense que les patriotes gascons ont eu raison de s'allier avec les autres peuples d'oc pour promouvoir leur langue il y a plus de 100 ans via le félibrige, je pense également que nous ne partageons rien d'autre que des modalités linguistiques. Ces dernières évanouies, il n'y a plus aucune raison de maintenir la coquille vide occitane et je refuse sentimentalement de créer quelque chose sur ce néant.

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  9. Je ne suis pas fou : tous ces débats sont théoriques. Nous sommes avant tout des Français. Mais s'il faut passer un peu de temps de sa vie à essayer de sauver quelque chose d'une identité régionale, ce ne sera certainement pas via le prisme occitan, et je pense que les rares Gascons encore conscientisés pensent la même chose. Et s'il faut recréer quelque chose d'artificiel, je préfère autant que l'on rebasquise la Gascogne, ce qui est au fond le vieux fantasme caché de nombreux militants gascons. C'est aussi factice qu'une identité occitane, sauf que pour le coup, cet artifice s'appuie sur une histoire commune entre les Basques et les Gascons, qui ne sont que des Basques romanisés au fond.

    Pour toutes ces raisons, je pense que l'IBG, même s'il n'a rien compris, a raison de tout faire juridiquement pour démoraliser l'occitanisme, et en tout cas le chasser de Gascogne, tout du moins du Béarn où il fait beaucoup de mal en travestissant notre identité véritable. Je ne parle pas de langue, je parle identité. Peut-être que le gascon est de l'occitan (je ne le crois pas, je peux le démontrer mais soit) mais les Gascons ne sont pas des Occitans. Tout ce qui pourra mettre fin à la prise d'otage du Béarn par les occitanistes (souvent eux-mêmes non-Béarnais : je suis désolé, ça joue, qu'on le veuille ou non) est bon à prendre, nous n'en pouvons plus de leurs croix occitanes, de leurs mièvreries méditerranéennes, de leur guévarisation du combat de nos voisins basques qui ne se différencient en rien de nous (ils en font des bons sauvages du Tiers Monde !), ... Tout cela est devenu insupportable, so 60s.

    Je comprends qu'en Limousin on attende beaucoup de l'occitanisme. Mais ceux qui ont trop reçu n'en peuvent plus de ce mouvement scout et sectaire, obsédé par les hérésies graphiques, incapable de comprendre des choses aussi simples que l'identité d'un peuple ou les mutations socio-économiques qui nous affectent. Les occitanistes sont des braillards, des chercheurs de subventions empesés, des cuculs.

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  10. Si je comprends bien, ton rejet vient du fait que, contrairement à ce que tu dis, il reste quelque chose, que ce quelque-chose te semble détourné par les occitanistes et que tu préfères qu'il n'y ait rien que cela. D'où ton soutien à la cause mortifère de l'IGB qui va surtout gagner à ce qu'il n'y ait plus de panneau en gascon à Billère.

    Moi ce quelque-chose m'intéresse, je veux en faire quelque chose, qui sera forcément différent, dans le XXIe siècle. Est-ce que ca sera dans la lignée occitaniste pur jus ? J'en sais rien, je m'en tape. Je n'attends rien en soi de l'occitanisme. J'essaie de construire des choses à mon niveau. De faire vivre une culture. L'identité occitane en découlera peut-être. Je ne sais pas. D'ailleurs je ne me revendique pas occitan. Je revendique juste le droit de vivre en occitan. Et je le fais.

    Je dois passer pour un prétentieux. Enfin pas tant que de vouloir détruire l'occitanisme !! Et pour moi, ce n'est pas un débat théorique, mais pratique. C'est de ma vie de tous les jours dont on parle là.

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  11. Ecoute, Billère je suis né à deux pas, ça fait 40 ans que l'on n'y parle pas "patois" comme langue commune, c'est une banlieue française d'une ville française pour classes moyennes françaises : s'il y a un petit dynamisme autour de ces panneaux, c'est que l'Institut Occitan est installé au Château d'Este sur le territoire communal et a profité du changement de majorité municipale pour aller placer ces panneaux qui donnent, qu'on soit partisan ou pas de la graphie alibertine, une allure pseudo-portugaise à "Vilhèra". Qu'il y ait un panneau ou pas, cela ne changera rien à l'atonie identitaire dans cette ville sinistre dénaturée. Plus personne ne parle gascon à Billère (et certainement pas le maire), il n'y a rien de béarnais à Billère.

    Sinon, l'occitanisme s'effrite de lui-même, le mouvement est complètement déliquescent, sa lente agonie émule celle du mouvement intellectuel dont il est issu, à savoir le progressisme un peu béat des années 70. L'occitanisme est mort, il est devenu un groupuscule de cooptation des amis pour des postes para-publics ouverts grâce à la décentralisation, ce truc qui a fait de la moindre petite ville un Paris technocratique miniature. Chouette.

    Pour le reste, la seule chose qui m'inquiète, c'est que dans 50 ans, on emploie le mot d'occitan en lieu et place de gascon, c'est tout. Parce que je hais les anachronismes et que je suis terrifié à l'idée que le concept d'occitan ne s'impose dans l'absence d'opposition intellectuelle, car les gens se foutent de ces questions. Le problème des jeunes occitanistes aujourd'hui, c'est que sont des pousses hors-sol, qui se sont inventés une patrie dans la pure abstraction des salles de classe, sans jamais être confrontés à la réalité identitaire du pays. Je reproche en fait une chose aux Occitans : c'est de manquer de sensibilité, de subtilité, et un peu, j'ose dire, de caractère ethnique "occitan", en tout cas pour les Gascons, d'âme gasconne. Je ne retrouve pas dans les gros lourdauds empesés de l'occitanisme gascon l'esprit fin des gens de mon pays : je ne vois que des Français abstraits, des simili-Soviets.

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  12. L'affaire des panneaux en occitan de Villeneuve-lès-Maguelone a suscité une vague de protestations dans le milieu régionaliste.
    Cela n'est pas sans me rappeler nos ancêtres les Gaulois - qui, soit dit en passant, ne parlaient ni l'occitan ni le français - nos ancêtres les Gaulois donc, qui ne cessaient, entre eux, de se faire la guerre dans un pays totalement désuni et désorganisé. Cette pagaille et cette désunion a facilité, comme l'on sait, l'invasion romaine et nos braves Gaulois se sont faits alors coloniser par les armées de Rome et sont devenus, par la force des choses et au fil des décennies, des Gallo-romains, passant d'un culture celtique à une culture latine.
    Aujourd'hui, sur le même canevas, pendant que les Français se chamaillent entre eux sur la visibilité ou non de leurs langues régionales, c'est l'anglais qui nous envahit, c'est l'anglais qui nous colonise.
    La question que l'on pourrait se poser alors, suite à cette affaire, pourrait être la suivante : voulons-nous être tous unis derrière la langue française pour exister demain en français en Europe et dans le monde ou voulons-nous jouer la division linguistique qui aura pour corolaire, comme on le voit aujourd'hui, d'affaiblir le français en France, en Europe et dans le monde et qui fera basculer notre identité et notre culture latines, qu'on le veuille ou non, sur celle des Anglo-Saxons ?

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  13. En quoi le français est-il plus apte à transcrire cette culture latine que la langue du coin ? Et en quoi la visibilité timide de cette langue du coin est-elle un obstacle au triomphe du français dans la vie privée, dans l'intimité des habitants des lieux ?

    Pour le reste, si la France refusait la mondialisation, elle ferait comme le Japon du Shogunat, elle fermerait hermétiquement ses frontières. Elle ne le fait pas, j'en déduis que l'homogénéisation culturelle globale ne nous fait pas peur.

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  14. Il me semble que le basculement vers la culture mondialisé et pseudo-anglo-saxonne est déjà fait mais bon... Sinon, le meilleur allié des pro-anglais, c'est bien les national-républicains dans votre genre. Détruire une culture et une langue est la règle chez vous et les français ont bien appris la leçon. Hier ils se disaient : le patois est une sous-langue et une sous-culture, une langue inutile, passons à la vraie langue, celle du pouvoir, le français. Aujourd'hui ils se disent : le français est une langue inutile économiquement, passons à la langue du pouvoir et de la culture moderne, l'anglais. Quand les jacobins se battent contre l'enseignement des langues régionales, c'est tout benef pour l'anglais. Je le vois en Limousin : on menace les profs qui font de l'occitan avec vos arguments sur le communautarisme pour les obliger à faire des cours d'anglais.

    Continuez messieurs les national-républicains et vous serez les fossoyeurs définitifs des cultures de France. Vous en serez content et vous ne verrez même pas qu'en vous battant contre les cultures régionales vous avez laissé l'anglais s'installer, en utilisant les mêmes arguments que vous, la pensée que vous avez semée, vous.

    En fait, le peuple, vous vous en foutez, car vous le méprisez. Ce qui vous dérange c'est qu'un calife est en train de prendre votre ancienne place de calife. L'impérialisme américain est en train de gagner sur l'impérialisme français. La Françafrique sera bientôt l'Amérafrique ou la Chinafrique. Et ça, votre âme de civilisateur de peuples incultes ne le supporte pas. C'est vous qui devez régner sur la négraille et la plouquerie provinciale et votre langue est votre outil de domination.

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  15. Comme je n'ai pas envie de continuer à polluer un blog intéressant, je viens sur le tien. Et puis ca t'occupera un peu :-D
    Juste pour te parler d'un article du Midi Libre ou Robert Hadjadj se dévoile.
    Voici un lien ou tu pourras le lire : http://www.mouvementrépublicaindesalutpublic.org/spip.php?article38

    Et tu y découvriras que ce monsieur est un fait un autochtone ! D'accord c'est un point de vue occitaniste, puisqu'il est provençal et que pour toi ca sera certainement un envahisseur. N'empêche qu'à avoir des idées reçues, à la limite du racisme, tu nous a transformé ce monsieur en pied-noir envahisseur du Languedoc, jacobin puisque rapatrié de l'Algérie française (ce n'est peut-être pas dit tel quel mais c'est largement sous-entendu). Et tu t'es complètement fourvoyé, mais ta mauvaise foi s'en accommodera sûrement, tant que tu peux retomber sur ton idéologie ethniste.

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  16. Hadjadj est bien un patronyme israélite d'Algérie, et il est un fait établi que cette communauté qui doit tout au décret Crémieux, possède une sociologie politique très ancrée dans la républicanisme unitaire (d'ailleurs assez souvent à gauche, le passage à droite est un phénomène récent, parallèle d'un certain retour à la religiosité, notamment chez les jeunes), mon analyse reste donc juste, sauf pour les abrutis qui pensent qu'un enfant de la Marseille cosmopolite des années 30 est un "Occitan" (de ceux qui disent que Zidane est un "Occitan", haha), ou pour les débiles qui croient que l'on échappe à son environnement.

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  17. Il faut toujours que tu ramènes tout à l'ethnicité. Au phénotype, à la génétique. Tu sais qu'on ne donne plus là-dedans depuis les années 40 ? En fait, non pour toi c'est l'essentiel. La race gasconne (et je ne parle pas des cochons).

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  18. Tè, Heraus-Dehòra, aquí un indret ont te pòdes anar recuélher:
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/80/Tombe_Robert_Brasillach%2C_Cimeti%C3%A8re_de_Charonne%2C_Paris.jpg

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  19. Il était catalan le Brasillach or, les Catalans sont tous les amis des Occitans.

    A part ça, les points Godwin, ça y va !

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  20. Poudampa et ses petits délires!!!
    Mais je te rends hommage: tu es un bon élève-avocat: on t'a bien appris la rhétorique: toi le lundi tu saurais défendre DSK, le mardi Diallo, le mercredi l'assasin et le jeudi l'épouse de l'assassiné.
    Tu maîtrises parfaitement l'art de raconter et de faire croire les pires conneries et les mensonges les plus nuls en amenant à faire passer pour véridique les inventions de ton esprit vide.
    Mais ton art ne s'exerce que sur les crédules.
    Poudampa: combien de divisions?


    Je pense que ta haine envers tout et tous vient d'une sacrée dose de frustrations familiales et sexuelles que tu traines depuis longtemps.

    Tu devrais faire ton coming-out...

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  21. On ne me l'a pas appris, c'est parce que je suis comme ça que je me dirige vers des professions qui permettent de mettre à profit un caractère naturel, assez répandu dans la famille, et je dois dire dans ma région natale. Sous l'Ancien Régime, le Béarn, première région pour le nombre de procès par habitant. Au fait, je suis avant tout licencié en maths pour ce qui est de ma seule vraie formation, mes premières amours en somme, c'est plus la rigueur que j'apprécie que la rhétorique. J'attends donc une réfutation point par point et non pas une resucée de paroles historiques désormais stéréotypées (le "combien de divisions" de Staline, ça va quoi).

    Tout à fait exact que ma famille est névrosée. Comme toutes les familles qui ont une histoire : héritages, malheurs, exaltation, ... Quant à mon coming-out, j'en informerai au préalable les premières intéressées.

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  22. Tu crois quand même pas qu'on va entrer dans tes délires en détaillant tes écrits
    Tout est faux dans ce que tu racontes, c'est pas la peine de discuter avec les ignorants car ils par nature bornés.
    Argumenter n'est utile qu'avec un contradicteur instruit, poli, ouvert, honnête. C'est pas toi Poudampa.
    Continue d'écrire, tu nous faire parfois rire et parfois grincer des dents, mais tu nous distrais toujours.

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  23. Ecoute, moi j'attends de l'accusation qu'elle fournisse des preuves de la fausseté des propos qu'elle attaque, sinon elle reste tranquillement chez elle.

    Je ne comprendrai jamais que certaines personnes viennent s'humilier publiquement en montrant leur incapacité à rétorquer à ce qui est exposé. Tu ne vois pas que je sors renforcé de ton commentaire aux yeux des gens raisonnables ? Il faut manquer vraiment de stratégie pour agir de la sorte. En plus, je ne censure jamais aucun propos.

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  24. TOI, TU attends?
    Tu attendras longtemps ta majesté.

    Mais je vais te dire, t'es pas au café des étudiants en droit ici.

    Relis-toi avec tes formules dignes de bourgeois qui sortent de l'hôtel des trois faisans. Tu es ridicule.

    Il n'y a rien à prouver: tout ce que tu écris c'est de la merde et c'est toute cette chiasse que tu rédiges qu'il faut effacer et ré-écrire.

    Prends conseil auprès de gens intelligents qui connaissent le pays. Il y en a chez l'Institut occitan ou à Per Noste. A la fac de Bordeaux aussi. Des gens comme Narioo, Grosclaude ou Javaloyès, Romieu. Des intellectuels quoi, pas des microbes comme toi qui n'est qu'un phraseur à la petit semaine.

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  25. Javaloyès est un néo-locuteur tardif qui fait de grosses fautes ainsi que l'a montré Orionaà dans un article célèbre "Be bebeja lo Babau !". Grosclaude fils n'a certainement pas les compétences de son père, probablement un habile politicien mais c'est tout. Romieu est co-auteur d'une piètre grammaire du gascon de l'aveu même d'occitanistes bien en place. Pour le reste, à part Narioo, il n'y a plus grand monde dans l'occitanisme pour développer une pensée ou faire montre d'une connaissance fine du gascon. C'est le délitement du mouvement.

    Enfin bon, pour citer comme une liste de Noël ces noms tout en vénérant la Fac de Bordeaux (il reste qui là bas ? La section occitan est en voie de fermeture), tu es soit très jeune (les références à Brel sont datées), soit très endoctriné (il en faut des colleurs d'affiche mais qu'ils aient l'élégance de ne pas venir se mêler aux débats de ceux qui pensent pour eux), dans les deux cas excusable, mais seulement parce que je suis d'une clémence rare.

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  26. Peut-être te donnerai-je un indice la prochaine fois que l'on se verra. Tu verras si je suis endoctriné/e ou jeune ou aucun des deux.

    Cocasse ce que tu dis de Javaloyès et de ses grosses fautes, parce que les rares fois ou je t'ai entendu parler gascon, j'ai crû m'étouffer de honte pour la langue que tu massacres à l'oral (A l'écrit je n'en sais rien puisque tu ne diffuse rien).

    D'ici là, merci de ta clémence rare.

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  27. Je n'ai jamais parlé gascon en public de ma vie ...

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  28. Qui a dit en public?

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  29. En privé, je n'ai jamais parlé qu'à ma pauvre grand-mère.

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  30. Merci de t'être fait piéger.
    Tu ne connais rien au gascon et à l'occitan. Ce n'est pas en ayant parlé une langue avec une seule locutrice qu'on peut prétendre maitriser cette langue.

    Tes chroniques ne sont que du recopiage ou de l'invention: le génie de la langue d'oc, tu ne le possèdes pas.

    Je voulais juste savoir si tu connaissais la langue sur laquelle tu dissertes constamment grâce à des "copié-collé" facilement retrouvables que tu accommodes à la sauce du mensonge et de l'invention.

    Mais la réalité est là, bien vivante: tu ne connais rien au gascon.

    Moralité: la culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale

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  31. Quel piège diabolique ... Non, mais c'est ça le niveau de l'argumentation ? Le gascon, je l'écris par contre, et si je ne le parle qu'avec ma grand-mère, c'est que tous les locuteurs naturels sont morts là où j'habite. Mais je mens, il m'est arrivé d'aller patoiser avec des militants occitanistes, en leur parlant du béarnais bien localisé, de telle manière qu'ils ne comprenaient rien à ce que je disais, eux qui ne savent pas rouler un r ou souffler un h.

    Mes chroniques ne sont absolument pas du recopiage, excuse-moi de savoir écrire et d'avoir mes idées propres. Je ne possède par contre évidemment pas le génie de la langue d'oc, puisque je suis Gascon, et des pires des Gascons puisque Béarnais. Notre mentalité n'a absolument rien à voir avec les lourdauds catharisés de la pampa audoise.

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  32. C'est pas brillant l'état du militantisme occitan ...

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