jeudi 30 septembre 2010

Nadau en seteme

La dimenjada passada, qu'èri au Cultura de Lescar tà crompà'm un libe espanhòu sus Aragon en l'estile de las guidas Gallimard, dab tèxtes un drin literaris. Que'm trobavi davant lo taulèr desdeishat de musica regionau quan a man esquèrra, aperceboi lo perhiu d'ua hilha agradiva, malament guastat per l'ombreta deu son òmi a pena sortit de l'atge ingrat. Que devisavan a perpaus d'un pialòt de CD, més en mustra a l'estrem deu men taulèr. Qu'èra miraclèr : joenòts captius davant la musica deu pèis, sasits per las represas deus Beatles per coralas bigordanas. Au bèth miei deus ventorruts vestits de terlís militars e deus fans de Johnny translatats de Lilla ençà, ua vision de gràcia : los Jausèp e Maria deu Biarn que vesiavan tendrament lo lor nin jos plastic. "Allez, je te l'achète". Ua grana emocion que'm harpeja : que'm tiri de cap au pialòt, P com Pagalhós, N com Nadau, A com Ardalh, ací qu'ei la causa charmanta, la qui sagerà l'union patriotica de dus joens biarnés. "Allez je te l'achète" : qu'èra aquiu, que i a ua minuta, lo son arridolet de hemnina, lo son poder de gojatet. E lo petit Jèsus que s'aperava Christophe Maé.

mercredi 22 septembre 2010

Dernière minute : la loi sur l'aranais adoptée

En complément à ce que je pouvais indiquer, voici la suite des ingérences occitano-catalanes avec la loi sur l'aranais qui vient d'être adoptée. Propos intolérables de Carod-Rovira sur la loi qui assure désormais "l'unité scientifique de la langue". Que's hè insuportable e que'n soi hart d'aqueras maniganças.

Lien vers le site du Parlement de Catalogne
Lien vers le projet de loi adopté aujourd'hui

" El vicepresident del govern, Josep-Lluís Carod-Rovira, ha presentat el projecte de llei de l'aranès, que ha de vetllar per la "supervivència de la llengua occitana" per mitjà de la protecció i la garantia dels drets lingüístics dels aranesos i la unitat científica de la llengua. Per Carod, es tracta d'una "llei de reconducció històrica per donar a l'occità una protecció de la qual no ha gaudit mai". El vicepresident del govern ha qualificat l'aranès de "testimoni viu d'una de les grans cultures emblemàtiques de la construcció europea" i, en aquesta llengua, ha explicat que la nova legislació protegeix la parla i li dóna garanties per fer-la present en diferents àmbits.

La llei fomenta l'aranès i en regula l'oficialitat i l'ús a les institucions, els mitjans de comunicació, l'ensenyament i la toponímia, entre altres. La iniciativa compleix el mandat de l'estatut que declara l'oficialitat a Catalunya de l'occità, denominat 'aranès' a l'Aran. L'organisme, independent, que en fixarà les regles serà l'Institut d'Estudis Aranesos.

La llei de l'aranès s'ha aprovat per 117 vots a favor (CiU, PSC-CpC, ERC, ICV-EUiA) i 17 en contra (PPC i grup mixt). Al debat hi han intervingut els diputats Carme Vidal (CiU), el síndic d'Aran, Francesc Boya (PSC-CPC), Maria Àngels Cabasès (ERC), Rafael López (PPC), Francesc Pané (ICV-EUiA) i Carmen de Rivera (grup mixt). "

Extrait du préambule du projet de loi :

"D’acord amb la tradició de la política lingüística a Catalunya, aquest reconeixement comprèn la voluntat de col·laborar en la protecció de la unitat de la llengua occitana. Actualment la normativa de referència més difosa, i que manté els mateixos criteris de les Normes Ortografiques der Aranés aprovades per la Generalitat de Catalunya l’any 1983, és la definida per Loís Alibèrt en la Gramatica Occitana, publicada a Catalunya el 1935 i reeditada per l’Institut d’Estudis Catalans l’any 2000. A partir de l’impuls de les relacions amb altres territoris de parla occitana, la Llei pot contribuir a afavorir el desenvolupament de les accions relatives a la regulació i establiment de les directrius de l’occità."


Ajoutons également cette pétition qui circule, rédigée ainsi :

"Eth manifèst (...) inste ara Generalitat a convertir Aran, a trauèrs deth Conselh Generau e es sues institucions academiques, en “caplòc dera labor que se volgue amiar a tèrme ena Occitània de dehòra de Catalonha” entà “promòir era unificacion normativa der occitan”.

Rappel à la loi

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a envoyé début septembre à tous les maires du département un rappel à la loi quant au régime d'aides qu'un conseil municipal peut allouer à des écoles privées, notamment du premier degré (en l'espèce les Ikastolak et les Calandretas). C'est la loi telle que codifiée dans le Code de l'Education : pour faire vite, rien en dépenses d'investissement mais la collectivité doit prendre à sa charge les dépenses de fonctionnement. En pratique, cela touche la location de locaux publics à un loyer inférieur à la valeur locative ou des constructions nouvelles destinées à l'accueil d'une école privée (du premier degré) : il y a interdiction.

C'est la loi. Que répond alors David Grosclaude sur "Ràdio País" ? Le préfet n'aurait pas tenu compte de l'inscription* des langues régionales dans la Constitution.

* : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. »
Article 75-1 de la Constitution du 4 octobre 1958

Grosclaude de dire sérieusement que cela change tout le problème juridique. Ah bon ? D'abord, c'est au juge de dire ce qui est constitutionnel de ce qui ne l'est pas. Un maire n'a qu'à attaquer la circulaire du préfet devant le TA de Pau, on verra ce que diront les juges eu égard à cet argument constitutionnel. On peut sérieusement douter qu'une déclaration de principe sur les langues régionales s'oppose à l'application stricte du régime d'aides des écoles privées ... D'autant plus que parmi des principes constitutionnels, se trouvent les principes d'égalité devant la loi et d'unicité du peuple français qui ont servi en d'autres occasions à contrecarrer toute affirmation des "langues régionales". Le nouvel article 75-1 ne changera rien à la primauté du principe d'indivisibilité. Je rappelle la décision du Conseil Constitutionnel relative à la Charte des langues régionales :

"Considérant qu'il résulte de ces dispositions combinées que la Charte
européenne des langues régionales ou minoritaires, en ce qu'elle
confère des droits spécifiques à des "groupes" de locuteurs de langues
régionales ou minoritaires, à l'intérieur de "territoires" dans
lesquels ces langues sont pratiquées, porte atteinte aux principes
constitutionnels d'indivisibilité de la République, d'égalité devant
la loi et d'unicité du peuple français ; "

Dans tous les cas, la loi reste la loi, elle a été votée, elle n'a pas été censurée par le CC en son temps, à moins de demander une QPC sur cette question, tout cela est inutile. Ce ne sont que gesticulations.

Au fond, Grosclaude engage une lutte politique contre les préfets. Le préfet n'est pourtant que la bouche de la loi. La loi, ce sont nos députés qui la votent. Il est là le combat politique à mener. Il est ridicule d'aller attaquer le préfet qui n'a aucune marge de manoeuvre. Pire, si le préfet n'avait rien dit, il aurait soumis des municipalités à une insécurité juridique pour peu qu'un administré attaque en justice les aides (et là, la commune peut casquer, ça peut aller jusqu'à la destruction du bâti). Cet administré tatillon (et désagréable entendons-nous) pourrait même mettre en cause la responsabilité de l'Etat via la figure du préfet qui n'aura pas pris les mesures nécessaires.

En plus, la question est plus profonde que ça : on touche à l'un des piliers de la France, à savoir la méfiance à l'égard de l'enseignement privé (encore qu'il y ait eu des atténuations). C'est très encadré. Que fait dès lors Grosclaude dans une majorité régionale dirigée par le PS ? Il ne connait pas la position des partis de la gauche française traditionnelle sur ces questions ? Méconnaitrait-il la doxa républicaine ? Une fois de plus, un dirigeant d'Ikastola interrogé sur la même radio a montré plus de sens politique, indiquant "qu'il en avait toujours été ainsi". D'un côté, des gens qui savent que le combat à mener est contre une certaine doctrine républicaine et est donc global. De l'autre, une inconséquence politique, une contradiction dans l'engagement. Evidemment qu'il faut "infiltrer" les partis classiques français pour changer la donne du débat, mais c'est là un long combat qui exige de comprendre le raisonnement juridique et politique de l'"ennemi".

lundi 20 septembre 2010

L'ingérence catalane du GLO

On le sait peu mais les occitanistes sont parvenus à lier des rapports assez étroits avec la Generalitat de Catalunya via le "Grop de Lingüistica Occitana" (GLO)* rattaché à la "Secretaria de Política Lingüística". Les Aranais - complexés par leur forme périphérique de gascon - sont au premier plan de ce combat : il s'agit d'élaborer un occitan standard. C'est non sans honte que la rhétorique la plus minable est utilisée pour faire avaler ce truc.


* : "El contingut d'aquesta minigramàtica de l'occità que teniu a les mans, elaborada pel doctor Aitor Carrera, va ser aprovat pel Grop de Lingüistica Occitana (GLO), de la Secretaria de Política Lingüística de la Generalitat de Catalunya, en la trobada de Vielha del dia 7 de febrer de 2009. El GLO és format per Dario Anghilante, Claudi Balaguer, Felip Aitor Carrera, Jean Claude Forêt, Jèp de Montoya, Rosella Pellerino, Patrici Pojada, Maurici Romieu, Patric Sauzet, Miquèu Segalàs, Domergue Sumien, Jacme Taupiac, Alan Viaut, Manel Zabala, i també per Joan Claudi Rixte. Els noms dels seus components són garantia de qualitat."

"Les formes que s'exposen a continuació pertanyen a una mena d'occità estàndard que, d'entrada, ha de resultar comprensible –sense cap aprenentatge previ– a tots els que coneixen i usen la llengua d'oc, ja siguin provençals, llenguadocians, alvernesos, gascons (aranesos inclosos) o llemosins."



Cette phrase cache de toute évidence que le standard sera élaboré en fonction du languedocien, ainsi que le prouve la suite du document. Le GLO se défend de toute ingérence, non sans faire dans le délire :


"El GLO, que assessora a la Secretaria de Política Lingüística, no és, ni pretén
ser, l'autoritat reguladora del territori lingüístic occità. Les estructures més
democràtiques del mateix territori hauran de generar aquest organisme regulador.
El dia de l'existència d'aquesta autoritat les propostes del GLO s'hi
adaptaran."


Lisez : le GLO s'éclipsera quand l'Occitanie sera autonome ... Par la suite, les auteurs de ce document tentent de justifier que si la plupart des choix sont languedociens, ce n'est que fortuit, et que cette langue standard sera l'alliée des "dialectes".


"Aquestes formes són el producte d'una selecció d'elements que parteix d'uns
criteris lingüístics que pretenen d'afavorir les formes més diasistemàtiques o
esteses territorialment, les més tradicionals o amb un pes històric i literari
més important, les més regulars, funcionals i autònomes o autòctones
d'Occitània. Hi pot haver una coincidència més o menys important entre aquestes formes i –sobretot– les d'alguns dialectes llenguadocians, situats en el centre del domini lingüístic, però cal remarcar que d'aquest fet no cal treure'n conclusions esbiaixades."


A titre personnel, je trouve cette démarche insupportable, aussi bien scientifiquement que politiquement. Scientifiquement car la démarche normalisatrice est biaisée car il n'y a aucune raison de favoriser le languedocien qui n'est en rien plus central ni plus conservateur que les autres langues d'oc, et en tout cas qui n'en est certainement pas la source, il ne parait pour tel que du fait qu'il est écrit avec plus d'ancienneté selon les codes alibertins.

La vérité est que le languedocien parlé est une surévolution du latin comme les autres, sa centralité est un mythe et sa définition même prête à sourire (le languedocien serait donc ces dialectes qui ne vocalisent pas). A la rigueur, s'il fallait vraiment unifier le dit occitan, il faudrait comme toute langue qui se respecte user de la langue littéraire historique, à savoir le limousin,
langue des troubadours, et certainement pas le languedocien, variante périphérique qui annonce le catalan dans l'ensemble gallo-roman méridional, anguedocien par ailleurs moribond et éteint dans certains régions (Aude, Hérault, ...).

Politiquement, l'ingérence catalane devient assez lourde à supporter mais on ne peut accuser la Catalogne. Ce qui est insupportable, c'est cette façon occitaniste de parasiter des institutions pour leur faire dire ce que l'on veut. Je comprends aisément le besoin catalan de renouer avec la dite Occitanie pour s'éloigner de Madrid. Mais pour quelle raison venir dicter à des populations
étrangères par le droit ces choses-là ? Les Catalans ont déjà détruit le roussillonnais, on voit assez tout de même les grandes tendances du rouleau compresseur normalisateur catalan. J'ai même lu récemment des textes de Corominas qui m'ont beaucoup déçu : je vous retrouverai les sources, mais Corominas dans son étude de l'aranais, exprime qu'à son avis l'aranais, s'il reste "occitan", est tout de même "catalan" et qu'en tout cas le peuple aranais se serait toujours senti "catalan" et aurait eu en mépris les Commingeois, des "Français" (sic). Qu'est ce que ne diraient pas les petits irrédentistes pour faire de jolies cartes ... Ce sont les mêmes qui vont expliquer que le parler languedocien des Fenouillèdes est en fait du catalan "gabatxisé" ou qui vont aller tailler dans les dialectes de transition en Aragon des parts de Catalogne.

Surtout, ce qui m'attriste, c'est que certains secteurs catalans n'appliquent pas à l'Occitanie ce qu'ils admettent chez eux. En effet, la Catalogne a clairement aujourd'hui renoncé à l'idéal des Països Catalans. Le vote sur la corrida est à ce titre révélateur car quoi qu'on en pense, Barcelone accélère la séparation sentimentale d'avec Valence. Donc d'un côté on a des patriotes catalans qui renoncent à la Grande Catalogne et préfèrent leur moignon féodal indépendant à une grande action sur toutes les terres catalanophones. Soit. C'est une démarche IBGiste ! Et de l'autre, ces patriotes catalans en recherche de frères au Nord des Pyrénées, vont venir nous parler d'Occitanie, assemblage éclaté de petites "Valences", autrement plus différenciées d'ailleurs que la Catalogne ne peut l'être du pays valencien. Je crois qu'il est temps pour les Catalans de viser leur véritable lien outre-Pyrénées, à savoir le Languedoc qui à tout point de vue est le double septentrional de la Catalogne. La Gascogne aussi pourrait renouer avec la Catalogne via Midi-Pyrénées peut-être. Mais il faut dire aux Catalans que ce qu'ils peuvent partager avec la Provence, et surtout avec la dite Occitanie du Nord est limité.

Dans tous les cas, j'ai beaucoup de sympathie pour les Catalans mais on ne peut qu'être attristé que dans le souci de bien faire, ils étendent en "Occitanie" leur obsession normalisatrice, avec la complicité d'occitanistes connus. Je rappelle que le Parlement catalan avait voté il y a quelques mois une résolution condamnant au fond la France pour son attitude envers le peuple occitan. On a connu des incidents diplomatiques pour moins que ça. Quant au fond, il faut tout à fait lutter contre l'émergence de ce standard occitan sur base languedocienne.

dimanche 12 septembre 2010

Mes résultats génétiques

Ceux qui me connaissent savent mon attrait pour la question des origines des peuples. Et plus précisément, charité bien ordonnée commençant par soi-même, celle de mes origines. Aussi longtemps que je me souvienne, j'ai questionné qui j'étais, d'où je venais, via la patronymie, la toponymie, la généalogie. Aujourd'hui, plus de deux décennies après le déclenchement de cette maladie obsessionnelle, je suis en mesure de mettre des mots techniques sur une réalité difficilement palpable. La génétique ! Et je ne suis pas fou !

J'ai ainsi récemment profité d'une ristourne pour acheter le kit génétique de la compagnie californienne 23andme. Les résultats sont tombés après quelques semaines d'attente, d'angoisse aussi, car il n'existe rien de plus oppressant que le déterminisme scientifique. Du point de vue de la santé, il n'y a rien à dire : l'entreprise américaine a parfaitement détecté les maladies "familiales". Au fond, cela se résume à un conseil bien évident : il faut éviter la vie de patachon. Ce qui m'intéresse le plus relève de sur quoi aucun d'entre nous n'a prise : le passé ancestral.

Avant toute chose, voici un aperçu rapide de mon "pedigree", afin de mettre en balance les résultats avec le cobaye testé :


- Côté paternel :

Grand-père : Bigourdan des enclaves mais le patronyme est de l'Entre-Deux-Gaves en Béarn (probable migration vers 1800 que je ne parviens pas à prouver via les bases généalogiques). Mariages entre familles béarnaises de Saubole et bigourdanes des enclaves (Séron, Escaunets, ...)

Grand-mère : mère du Vic-Bilh (environs de Lembeye) avec ancêtres lointains en Rivière-Basse. Père issu en partie de familles protestantes de Salies-de-Béarn et de catholiques charnégous de Labastide-Villefranche, à la frontière avec le pays de Gramont (Basse-Navarre gasconophone).


- Côté maternel :

Grand-père : moitié-Morlaàs, moitié-Thèze.

Grand-mère : moitié-Morlaàs, moitié-Thèze. Je subodore qu'ils étaient cousins car les mêmes villages reviennent avec obsession. :)

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Voici les résultats : pour comprendre les termes techniques, voyez les articles de Wikipedia anglophone qui sont bien faits.


Y-DNA haplogroup
:



C'est un haplogroupe de souche pyrénéenne, trouvé fréquemment chez les Basques et les Catalans (autrement dit chez les populations basco-ibères), qui s'est étendu par la suite à l'Europe entière après la période glaciaire. Il n'y a rien de surprenant à un tel résultat dans la mesure où la lignée paternelle est probablement située dans l'Entre-Deux-Gaves béarnais, région à la toponymie basque encore subrepticement présente. Voici plus précisément ce que la Wikipedia anglophone en dit :

" This subclade is defined by the presence of the marker M167, also known as SRY2627. The first author to test for this marker (long before current haplogroup nomenclature existed) was Hurles in 1999, who tested 1158 men in various populations. He found it relatively common among Basques (13/117: 11%) and Catalans (7/32: 22%). Other occurrences were found among other Spanish, Béarnais, other French, British and Germans.

In 2000 Rosser et al., in a study which tested 3616 men in various populations also tested for that same marker, naming the haplogroup Hg22, and again it was found mainly among Basques (19%), in lower frequencies among French (5%), Bavarians (3%), Spanish (2%), Southern Portuguese (2%), and in single occurrences among Romanians, Slovenians, Dutch, Belgians and English.

In 2001 Bosch described this marker as H103, in 5 Basques and 5 Catalans. Further regional studies have located it in significant amounts in Asturias, Cantabria and Galicia, as well as again among Basques. Cases in the Azores and Latin America have also been reported. In 2008 two research papers by López-Parra and Adams, respectively, confirmed a strong association with all or most of the Pyrenees and Eastern Iberia. "




mtDNA haplogroup :



Haplogroupe très rare en France que l'on pense être issu du foyer franco-cantabrique de l'âge de Glace. Il a aujourd'hui son extension maximale chez les Lappons du fait du repeuplement de l'Europe après l'âge glaciaire. Dans la mesure où j'envisage mal une rétro-migration, il y a fort à parier que la présence de cet haplogroupe au pied des Pyrénées représente un état initial avant sa dispersion lors du repeuplement de l'Europe, notamment du Nord. Une population réduite possédant cet haplogroupe aura été la source ancestrale d'une grande partie des Européens du Nord : en effet, plus les migrations sont récentes, moins la variété génétique est grande. Encore aujourd'hui, l'Afrique subsaharienne est génétiquement le continent le plus divers. Ce que Wiki en dit plus précisément :

" Although a small proportion of the Haplogroup U (mtDNA) among the Sami falls into U4, the great majority is U5b. The percentage of total Sami mtDNA samples tested by Tambets and her colleagues which were U5b ranged from 56.8% in Nowegian Sami to 26.5% in Swedish Sami. Sami U5b falls into subclade U5b1b1. This subclade is present in the French, Croatian, Bosnian, Slovenian, Czech, Russian, Ukrainian, Polish, and Hungarian mtDNA pools and also in the Caucasus.

However 38% of the Sami U5b1b1 mtDNAs have
haplotype so far exclusive to the Sami, containing a transition at np 16148. Alessandro Achilli and colleagues noted that the Sami and the Berbers share U5b1b, which they estimated at 9,000 years old, and argued that this provides evidence for a radiation of the haplogroup from the Franco-Cantabrian refuge area of southwestern Europe "



Ancestry painting :




Global similarity :



Southern European : 67.94
Northern European : 67.88

NB : 23andme définit l'Europe du Sud comme étant l'Espagne, le Portugal, l'Italie, ... plus l'échantillon basque à leur disposition. La France dans son intégralité est par contre classée sous le label "Europe du Nord". On verra dans les cartes qui suivent l'artificialité de cette division.


Europlot :


Il s'agit de situer le génome des utilisateurs en fonction de populations de base dont dispose 23andme : c'est un bête algorithme mathématique. Je suis la flèche verte isolée entre l'échantillon basque et le gros des Européens. Les carrés verts représentent un échantillon d'Européens du Nord (les Français y sont donc inclus). En orange, les Européens du Sud (essentiellement des Italiens). Je suis grosso-modo en fait à un tiers de distance du groupe basque et 2/3 des Européens du Nord (si l'on excepte le carré vert un peu aberrant qui s'approche de moi à droite) tels que définis par 23andme. Ce qui signifie en termes triviaux que génétiquement, c'est des Basques que je suis le plus proche, loin devant les Européens du Nord, dont les Français.



NE plot : En zoomant sur l'Europe du Nord, je n'apparais pas sur le graphique car en dehors de la variabilité nord-européenne ainsi définie.




SE plot : En zoomant sur l'Europe du Sud, je n'apparais pas plus sur le graphique car en dehors de la variabilité sud-européenne ainsi définie.




Je me retrouve donc sacrément isolé, n'ayant pas d'affinités étroites avec les Européens de base, qui au moins sur l'axe Est/Ouest des migrations sont tous situés à l'Est (apport néolithique ?). Plus l'on se situe à l'Ouest, plus l'on est en contact avec le foyer originel européen, représenté aujourd'hui par le peuple basque. C'est le fameux refuge "franco-cantabrien". Que déduire donc ? Je suis génétiquement "basque" mais différemment, dans une autre variabilité, probablement aquitaine, qui fait transition avec le gros des Européens. Il y a fort à parier que si 23andme disposait d'échantillons de populations sub-pyrénéennes comme les Haut-Aragonais, les Basques périphériques (Souletins, Roncalais, ...), les Gascons de manière générale et les Catalans, je me trouverais moins isolé et ces populations assureraient le continuum du graphique.

Fort heureusement, 23andme permet de partager avec les autres utilisateurs ses données génétiques. J'ai donc ajouté de nombreuses personnes qui affinent le graphique.



Le graphe se décante quelque peu. Analysons les groupes les plus intéressants qui apparaissent :

- Le groupe "Portugal + Spain" est constitué de deux utilisateurs portugais, l'un du Nord, l'autre du Sud (ce qui prouve la grande homogénéité de ce pays) ainsi que d'Andalous et d'une Manchega. On remarque que le groupe ibérique se situe au Nord et à l'Ouest des Européens du Sud tels que définis par 23andme : c'est la confirmation que les habitants de la péninsule ibérique partagent des affinités plus fortes avec les peuplades de la façade atlantique qu'avec les Méditerranéens. Pour l'instant je n'ai pas compris quel était ce groupe de carrés verts "nord-européens" au SE des Ibères : il s'agirait d'échantillons provençaux selon certains, qui font donc continuum avec l'Italie.

- Le groupe des Français est très intéressant : du Nord au Sud, un utilisateur du Berry/Bourbonnais, un autre du Velay, enfin un autre du Dauphiné (dans sa partie occitanophone). On remarque donc que ces trois individus se situent approximativement au même endroit sur un axe Ouest/Est.

- Le groupe qui pour l'instant s'approche le plus de moi sur l'axe Ouest/Est est constitué d'Espagnols. Le groupe est composé d'un individu à moitié-aragonais, à moitié-valencien, d'un autre à moitié navarrais, à moitié galicien, enfin d'un habitant de Guadalajara ... qui s'avère être mon cousin au 4ème degré ! Ou bien je possède un ancêtre espagnol commun avec lui, ou bien l'un de mes cousins dans une branche quelconque aura migré en Espagne, schéma classique dans la France du Sud-Ouest. Dans le coin NE de ce groupe se trouve un individu catalan qui fait donc transition avec les Français.

- Enfin, notons l'individu dit "Half-Gascon". 23andme m'indique qu'il s'agit d'une Américaine dont la mère était béarnaise des environs de Salies-de-Béarn, nous cousinons donc par mes ancêtres dans cette région (elle se croyait d'origine basque !). Cette dame est également à 1/4 Corse et 1/4 Autrichienne, il n'en reste pas moins qu'elle est celle qui tend le plus vers moi des personnes rajoutées, du moins sur l'axe Ouest/Est.


Conclusion :



Dans l'attente d'autres résultats que je publierai, voici une conclusion partielle :

- 23andme ne m'a rien appris : je suis "génétiquement" ce que je suis "généalogiquement". Je suis "Gascon" (du Béarn) à savoir l'avatar moderne de l'ancienne ethnie aquitaine, dont tous les témoignages tendent à prouver qu'il s'agit de l'extension antique des Basques au Nord des Pyrénées, entre la Garonne, l'Océan et les Pyrénées. Je suis un Basco-aquitain latinisé.

- Mes haplogroupes sont très localisés et relativement rares et typés, ce qui confirme une occupation du sol très ancienne de la part de mes ancêtres, que l'on peut dater au minimum de l'âge de Glace.

- 23andme manque d'échantillons de référence dans des zones réduites géographiquement mais fascinantes génétiquement, à savoir les anciens pays de langue basque : La Rioja, le Haut-Aragon, la Gascogne, probablement le Languedoc pyrénéen. L'échantillon basque choisi est par ailleurs connu pour sa grande originalité du fait de l'endogamie propre à l'ancien monde : par conséquent, des originalités génétiques irréductibles se sont développées (cf les Sardes).

On voit fort bien que dès que l'on s'approche du foyer franco-cantabrien, les distances génétiques sont grandes alors que les distances géographiques ne le sont pas. Deux Portugais distants de 400km vont se trouver côte-à-côte sur le graphique alors que deux Basques seront plus éloignés, au moins sur l'axe Ouest/Est ! La variété génétique est plus grande dans le foyer originel de population de l'Europe alors que de nombreux Européens ne sont que les descendants de groupes réduits de colons partis après l'âge de Glace, donc génétiquement plus homogènes, et plus ou moins en contact avec les migrations néolithiques ultérieures en provenance du Proche-Orient.

A suivre !

mercredi 8 septembre 2010

Aux confins du gascon : Cherbeys

Nous sommes dans le petit village de Charre, rive droite du Saison, en Béarn, au hameau de Cherbeys.


Frontière linguistique approximative entre le basque et le gascon


Cherbeys est Xerbee-Jusoo de Haute en 1385. L'adjonction d'un s (Cherbes au XIXème siècle) est assez mystérieuse comme dans le hameau voisin de Bisqueys (du basque bizkai, encore noté Biscay sur la carte de Cassini), à moins qu'il ne s'agisse d'un pluriel pour faire allusion à Xerbee-Susoo que pourtant Paul Raymond n'identifie pas à Xerbee-Jusoo. Il semble bien que selon l'attestation de 1386 s'appelait tout simplement Xerbe.

Dans le dénombrement des feux de 1385, X sert à noter une chuintante, souvent issue du s apico-alvéolaire gascon (ex : Guixarnaut, issue de Gassie-Arnaut), commun au castillan (le fameux s chuinté espagnol), mais pas nécessairement.

On pense immédiatement au gascon "gerbèr" qui aurait été cependant plutôt Yerbee, car en Béarn, g + i,e donne y, peut-être anciennement j, mais jamais une chuintante (c'est le cas en aragonais). "serbèr" ne signifie rien quant à lui.


Cherbeys


Alors, dans le contexte de présence de la langue basque dans ce village encore au XIVème siècle ainsi que le confirme la domonymie de l'époque, on peut imaginer qu'il s'agit de la déformation du basque Etxeberri :

(Et)xeberri > 'Cheberri > Cherbe (métathèse gasconne)

Il faudrait savoir la prononciation actuelle : l'accentuation sur l'initiale est souvent un indice, mais elle a pu se perdre. A Charre, en 1385, le basque Etxebertze* a donné la maison dite Cheverce. Ce qui pose problème, c'est donc que dans le même village à la même époque, on note Cheverce d'une part avec "ch" (affriquée ? En basque moderne : "tx") et Xerbee avec "x" (simple chuitante, en basque moderne, entre "x" et "s").

Il est certain qu'en gascon, "etxe" est in fine interprété en chuintante (cf Xandie à Sauvelade à la même époque qui ne peut qu'être Etxehandia).
Mais pourquoi cette différence ? Il est vrai que par exemple, pour la commune basque de Charritte-de-Haut, on note dans le Censier gothique "exartea" Etxartea et "echeverrie" Etxeberria.

* : bertze en basque, c'est "autre". "L'autre maison". "Lautecaze" existe en gascon.

A titre anecdotique, dans le Censier gothique de Soule, quand le nom basque des maisons est transparent, il est traduit en gascon. La grande majorité des Etxegapare/Etxekapare est dite "casemayor".

Gascon et guyennais en Lot-et-Garonne



Lavardac :
1. Un homi awè düs hilhs ; lou mey jouen digout a soun pay : Papay,
balhat me lous bens que diwi auje per ma part. E lous y hascout lou
partatche de soun ben.

Prayssas :
1. Un homi abiŏ düs fils : lou pü jouyne diguet a soun pay : Moun pay,
dounas me lous bes que dibi abe per ma part. E lou pay lour fasquet
lou partatge de soun be.

L :
2. Cauques jours apretz, lou mey jouen empourtan damb et tout so
qu'awè, s'en angout courre dens ün païs eluenhat oun despenset tout
soun ben.

P :
2. Pauc des jours apret, lou pü jouyne empourtan damb el tout so
qu'abiŏ, s'en anguet bouyatcha en païs eloinhat oun despenset tout
soun be.

L :
3. Apretz qu'aout tout gaspilhat, bengout iŏ grandŏ faminŏ den aquet
païs ; e estout talŏmen nüt de toutŏ causŏ, qu'estout oubligat des
bouta au darre d'ün abitan du loc que l'embiet den sa bordŏ end'y
gouarda lous tessouns.

P :
3. Après qu'atjet tout dissipat, sürbenguet unŏ grandŏ faminŏ dins lou
païs ound érŏ, e fusquet taloment denuat de toutŏ causŏ que calguet
que se louguessŏ chez un abitan de l'endret que l'embouyet dins unŏ de
sas bordos per y garda lous tessous.

L :
4. Aquiu, que dezirawŏ se rassasia das trounhotz que lous tessouns
minyawŏn, mè digün que l'y en balhet.

P :
4. Aquiu, deziret poude se rassasia des restŏs que faziŏn lous
tessous, mes digün nou l'in dounguet.

L :
5. A la fin, reflechiscout e digout :y a den l'oustau de papay bayletz
qu'an pan tant que boůn, e jou mourissi de hami aci.

P :
5. Enfin, en reflechin, diguet : y a din l'oustal de moun pay des
bayletz qu'an de pa en aboundansŏ, e jou mouri de fam aci.

L :
6. Que cau que me lewĭ, qu'anguĭ trouba papay e que li diguĭ : "Moun
pay, ey pecat countrŏ lou ciel e dewan bous. Ne souy pas digne adarŏ
d'esta aperat boste hilh. Tretatz-me dounc, coumŏ ün de bostes
bayletz."

P :
6. Cal que me lebĭ, qu'anguĭ trouba moun pay et que li diguĭ : "Moun
pay, ey pecat countra lou ciel e daban bous. Nou sey pas digne adarŏ
d'estre appelat bostre fil. Tretaz-me dounc comme l'un de bostes
bayletz."

L :
7. Se lewet dounc et angout trouba soun pay : me coumo èrŏ encouerŏ
luen, soun pay l'apercebüt e, toucat de coumpassioun, courrout e
l'embrasset.

P :
7. Se lebet dounc e anguet trouba soun pay : mes èrŏ enquerŏ len que
soun pay l'aperceguet, e, toucat de compassioun, courguet l'embrassa.

L :
8. Soun hilh li digout : Moun pay, ey pecat, etc.

P:
8. Soun fil li diguet : Moun pay, ey pecat, etc.

L :
9. Me lou pay digout a sous bayletz : Pourtatz li biste sa prümèro
pelhŏ e boutatz-li : boutatz-li ün anet au dit e souliès as pès.

P :
9. Mes lou pay diguet a sous bayletz : Pourtas-li biste sa pü belŏ
raubo e metes li : metes li un anel al dit e des souliès as pès.

L :
10. Miatz lou betet gras e tuätz lou ; minyan e hèn bounŏ chèrŏ, pramo
que moun hilh qu'èrŏ mort et ès ressuscitat." E hascoun grandŏ hestŏ.

P :
10. Menas lou bedel gras e tia lou; mingen e fasquen bounŏ chèrŏ,
parce que baci moun fil qu'èrŏ mort e qu'ès ressuscitat ; èrŏ perdüt
et ès retroubat." E fasqueren grandŏ festŏ.


Source : Luchaire



Analyse phonétique rapide :

1. Chute du n intervocalique à Lavardac : miatz (L) / menas (P)
2. N dental final à Lavardac : ben (L) / be (P) (trait très localisé en gascon, ailleurs plutôt vélaire)
3. Pas de fermeture o>u après nasale : mort (L/P)
4. Pas d'assimilation nd>n : grandŏ (L/P)
5. Traitement gascon de ll à Lavardac : aquet (L), aperat (L)
6. Passage f>h à Lavardac : hilh(L) / fil (L)
7. Traitement gascon du v intervocalique à Lavardac : awè(L) / abiŏ
(P)
8. Vocalisation de -l à Lavardac : oustau (L) / oustal (P)
9. Traitement gascon de -ariu/aria à Lavardac : prümèro (L)
10. Conservation du groupe gw mais pas de kw : gouarda (L) / garda
(P) ... cauques (L)

Le texte ne permet pas de juger quant au arr- prosthétique. On peut remarquer la conservation de l'occlusive sourde en gascon dans betet (L) / bedel (P), la prononciation -ts des finales des secondes personnes du pluriel en gascon, la dépalatisation des -lh finaux en languedocien (jamais notée à l'écrit en écriture alibertine alors qu'il s'agit d'un trait fort qui s'oppose au gascon), prononciation sporadique y de j en gascon, diphtongaison du o bref conditionnée par le yod encouerŏ (L) / enquerŏ (P), ...

Les deux communes ne sont séparées que de 25 kilomètres ... La différenciation est énorme. Et on est loin du gascon pyrénéen ...



Les Gascons dans la géographie du XIXème siècle

"La familia ibérica, que en la antigüedad se componia de los íberos,
que habitaban la España, Portugal y la Aquitania ó Gascuña [...] En el
dia la raza pura de los íberos solo comprende á los vascos ; pues los
españoles y portugueses proceden de los antiguos íberos amalgamados
con los galos, romanos, godos y árabes. Los gascones son íberos
afrancesados."


Curso elemental de geografía física, política y astronómica, Bernardo Monreal y Ascaso, 1863


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"Les Gascons sont des ibères romanisés. Les Béarnais ont toujours occupé parmi eux le premier rang."


Second cours de géographie, Frédéric-Constant de Rougemont, 1838



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"Los pueblos diseminados por la cuenca del Garona y calificados de gascones, no son vascos (...) han perdido, andando el tiempo, su lengua con su nacionalidad, y no son reconocidos como hermanos por los vascos franceses, quienes sólo consideran como tales a vizcaínos, guipuzcoanos, alaveses y navarros. Población: estos países, últimos restos de la antigua raza de los íberos, ocupan las dos vertientes de los Pirineos occidentales, entre Francia y España, repartidos en siete provincias, cuatro españolas y tres francesas".


"Real Academia de la Historia" : Vascongadas

Autour du toponyme souletin Larrebieu

Larrebieu est un hameau souletin des collines de la vallée du Saison, non loin du Béarn. La toponymie de la commune est d'ailleurs par endroits gasconne : Laplume, Bou, Poutou, Béthulard, Abbadie.

Le nom basque est Larrabil (larra + bil : "lande arrondie") qui décrit parfaitement le site. Larrebieu ("Larrebiou" en gascon) est évidemment la gasconnisation de l'étymon basque avec vocalisation de la latérale finale. En basque, le nom d'habitant est également pris au gascon : on dit "Larrebies" en concurrence avec "Larrebiltar".


Larrebieu en venant d'Arrast

Larrabil donne probablement le patronyme béarnais Larbiou, forme contractée de Larrebiou, fréquent en Aspe et du côté de Navarrenx, ainsi que les lieux-dits béarnais homonymes (Larbiou à Sarrance et à Séméacq-Blachon, ce dernier ne figurant toutefois pas au cadastre napoléonien).

Il est plus malaisé d'expliquer de la sorte les lieux-dits gersois pourtant homonymes : Larrebiou à Saint-Lizier-du-Planté, Larrebeou à Scieurac-et-Flourès.
Mais que signifierait alors en gascon du gers "l'arrebiu" ? Par contre, Larrebelle (Larrebila, avec article basque -a) à Léon (40) est plus probable.

Pas de maisons nobles au Moyen-Âge à Larrebieu. Les maisons fivatières portent en grande majorité des noms basques et existent toujours pour la plupart : "lostau dardoya" (Hardoy), "lostau daccquerbiscay" (Arkabisquey), "cabalaynh" (Sabalain), ...

Deux maisons au nom roman cependant : "Castelan" et "Bethulard", ce dernier étant peut-être un assemblage bilingue sur le latin pour bouleau - bethulus - et le basque larre=lande.

Une maison de Larrebieu - "behetie juzon" - était fivatière de la maison noble d'Espiute en Béarn dite "lostau de cheverrie domenger" dans le Démembrement béarnais de 1385, autrement dit Etxeberri(a), et dit "cazenave d'espiute" dans le texte gascon souletin du Censier gothique.
Autrement dit, on a la preuve que l'on passait d'une langue à l'autre pour les termes transparents.

mardi 7 septembre 2010

Aramits en Barétous : un toponyme basque en Béarn

Nous sommes en Béarn, vallée de Barétous, à Aramits. La prononciation en gascon d'Aramits avec accent tonique sur l'antépénultième ne laisse aucun doute : il s'agit bien d'un toponyme basque. C'est bien Aràmitz (comme Biàrritz). Le recul de l'accent tonique (qui est également typique des zones de contact gasconnes charnégous du Bas-Adour) pose une question : pour quelle raison n'a-t-il pas lieu pour les suffixes en -os qui sont généralement conçus dans une plus vaste famille de suffixes locatifs à sifflantes (-atz/otz/itz) et accentués sur la finale en gascon plus conformément aux grandes tendances phonétiques de la langue ?
Sachant qu'en basque, il n'y a pas d'accent tonique.




1. Le nom d'Aramits

Beaucoup d'auteurs expliquent le nom de ce village, indubitablement basque, par le terme aran=vallée suffixé en -itz (suffixe locatif avec sifflante). Sans jamais expliciter phonétiquement l'assemblage : or il me semble très difficile selon les règles du gascon qu'Aranitz donne Aramitz. On aurait plutôt la conservation de l'étymon (la question de la chute du n intervocalique n'est pas résolue pour les étymons basques).

Par contre, en basque, de tels phénomènes de "bilabialisation" sont fréquents, notamment en Haute-Soule à laquelle le Barétous est lié : ainsi le terme zunhar pour ormeau peut donner dans les textes médiévaux aussi bien sunarte (hameau béarnais de Sauveterre), suhart, çuguarriaga et çumarraga.

De même la base ancienne inhi=jonc, conservée en souletin, a donné dans des dialectes qui ont perdu les nasales "ihi", mais probablement le hameau médiéval ymizcoyz de Basse-Navarre.

Source : La langue basque au Moyen-Age de Jean-Baptiste Orpustan

Pour résumer, un n intervocalique peut en basque être conservé, passer à h dans des dialectes qui ont perdu les nasales (cf la nasalité du gascon) ou être "bilabialisé" et passer à m. C'est probablement le cas d'Aramits dont la langue ancienne devait être le souletin qui conserve bien les nasales et parfois même les palatise (voir Larrau qui est le nom gascon de la commune qui se dit en souletin Larrañe, sur-évolution de Larraun, en gascon, dénasalisation de la finale, en souletin palatisation).

Donc, Aramitz peut très bien selon les règles de la phonétique basque, être issu d'Aranitz, tout comme il aurait pu donner Arahitz/Araitz, ou même Arañitz.
En basque, il n'y a pas de règle absolue. Sinon, il faut envisager des assemblages plus complexes sur aran, qui en composition dans les pays souletins donne ara- (pour le coup, dénasalisation finale), et un terme obscur et non-identifiable.


2. Le gascon à Aramits

Le gascon d'Aramits est du gascon pyrénéen aspo-barétounais (donc conservation de sourdes intervocaliques comme en aragonais et en absque). Vous pouvez l'écouter dans le lien suivant :

http://crdo.risc.cnrs.fr/data/thesoc/64-ARETTE.wav

En 1385, la presque totalité des maisons porte un nom gascon : Sarrulhe, Abadie, Domec, Safores, Glere, Carrere, Casebone, Anglate, Arripe, Hondebiele, Labordesse, Pocolo (?), ... Seul semble basque : Achari.

La domonymie médiévale d'Aramits fait peu état de la présence basque.
Remarquons cependant que les noms des maisons sont très classiques, comme en Aspe : on a l'impression que le gascon vient traduire des termes précédents.
Dans l'actualité, on parle encore basque sur le territoire d'Aramits dans la vallée du Joos qui fait frontière avec la Soule aux quartiers Mizpira et Lapeyrère : Oyhenard, Logeberry, Arhancet, Aïtzaguer, Mendioudou, Garay, ...

Dans la vallée du Vert, axe principal du Barétous, on trouve en territoires de langue gasconne des toponymes bien basques : Mousquil, Larrande, Lurbet, Gourroure, Atchouètos (?), Lardieg, Escary, ...

La prononciation de "pr" en gascon

Petit passage intéressant à lire : il semble bien que le gascon a connu comme le basque des phénomènes de voyelle épenthétique.
Extrait de Phonétique basque.



dimanche 5 septembre 2010

Un exemple de er- prosthétique en gascon ?

Dans sa répugnance du r initial, on sait que le basque préfère plutôt er-, mais ce n'est rien de systématique.

Exemples : 'arripayri' (du latin riparium) plutôt que erripayri dans un texte médiéval, 'daRecalde' dans le cadastre de Vitoria (1484).
Plus généralisés : arranda "rente", arrangura "plainte"

Source : La langue basque au Moyen-Age, JB Orpustan, Editions Izpegi

Inversement, il semble qu'il y ait eu hésitation en gascon. Ainsi l'acte daté de 1243 de la paroisse Sainte-Eulalie de Bordeaux cite "Esteue d'Errocatailhada", c'est-à-dire Etienne de Roquetaillade (hameau de Mazères, Bazadais).


Roquetaillade

La graphie alibertine en limousin : contradictions et écarts

Le but de la graphie alibertine tel qu'il est conçu par l'immense majorité des militants linguistiques est clair : dans l'impossibilité de forger un standard pan-occitan, unifions graphiquement les variétés dialectales de manière à masquer au moins à l'écrit les différences parfois énormes entre les dits "dialectes". Avec le temps, une prononciation médiane se dégagera et in fine, un standard émergera naturellement.

La graphie alibertine n'a pourtant rien d'aberrant en elle-même. Les Gascons l'ont adaptée avec intelligence. En Limousin, il en va autrement : les linguistes occitanistes du Limousin ont simplement plaqué la graphie alibertine telle que développée pour le languedocien méridional. On en connait les conséquences : maintien à l'écrit des consonnes implosives muettes, jeu d'accent tonique pour marquer le timbre dantesque, travestissement des conjugaisons, ... Toujours dans la volonté un peu puérile de masquer ce qu'est le limousin, à savoir une langue romane qui partage de nombreux traits avec les dialectes d'oïl. Ce qu'on sait moins, c'est que la graphie alibertine telle qu'appliquée au limousin n'a même pas de cohérence interne.

Il suffit pour cela de prendre la conjugaison du verbe "être". A gauche, la proposition des occitanistes. A droite, la prononciation à la française. (n) marque une voyelle nasalisée, comme en français.

sei : /chèy/
ses : /chéy/
es : /èy/
sem : /chè(n)/
setz : /ché/
son : /chou(n)g/

L'écart est assez risible. Mais surtout, les fioritures sont inutiles et incohérentes : "e" note tantôt une voyelle ouverte ou fermée (certains diront que le limousin ne fait pas la distinction, alors ce n'est pas de l'oc, car c'est là un trait majeur du vocalisme "occitan"). "-s" note un son /y/* ... qui s'écrit aussi "-i", et dans aucun cas n'indique quoi que ce soit au niveau de l'ouverture vocalique. La forme "setz" pour /ché/ est une horreur sans nom. n final tantôt note la vélarité comme dans "son", tantôt la nasalité dans d'autres mots. m final note une voyelle nasalisée.

* : Les notations phonétiques /./ notent une prononciation "à la française" et non celle de l'API.

C'est de la pure folie. A d'autres temps, c'est encore pire : au prétérit, on écrit fuguei ce qui se prononce ... /fu'i/. Variante siguei, prononcée ... /shi'ji/.

Regardons le verbe "avoir" :

En bas-limousin : c'est presque de l'oïl.

ai : /èy/
as : /a/
a : /o/
avem : /o'vè(n)/
avetz : /o'vé/
an : /o(n)/

En haut-limousin :

ai : /ay/
as : /a/
a : /o/
avem : /avèm/ ou /am/
avetz : /avéy/ ou /a/
an : /am/

Aucun pédagogue ne peut se résoudre à autant d'imprécision graphique. Même si ce n'est pas la seule incohérence : "as" est prononcé /a/, "a" est prononcé /o/, donc un a tonique peut se prononcer de deux manières différentes ... Ce sont les conséquences d'une volonté d'écrire en languedocien et de prononcer en limousin ... prononciation qui se perd à cause de l'écrit ! Respecter les règles de la graphie alibertine en haut-limousin, ce serait écrire :

J'ai tort : ai tòrt
Tu as tort : a tòrt
Il a tort : ò tòrt
Nous avons tort : am tòrt
Vous avez tort : à tòrt
Ils ont tort : an tòrt


Autre exemple : aller.
vau : /vaw/
vas : /va/
vai : /vèy/
anam : /o'no(n)/
anatz : /o'na/
van : /vo(n)g/

Comment peut-on écrire "anatz" quelque chose que l'on prononce /o'na/ ? Il faut à tout prix amender la graphie en limousin, et peut-être entériner que la graphie alibertine, inspirée du catalan, ne va que pour le gascon et le sud-languedocien. Du fait que ces langues sont de transition avec l'ibéro-roman. Et que l'occitan n'existe pas ...