vendredi 21 janvier 2011

Le projet "occitan" de Cussac et autres réflexions

Voici un article intéressant qui illustre tout ce qui ne va pas dans la communication occitaniste :

"Le projet occitan de Cussac"


  • Une argumentation faible et inutile

- Pas une seule allusion au mot de "gascon", "médoquin" ou même "patois". Cela représente quoi l'occitan à Cussac (Gironde) ? A qui cela parle-t-il ? A-t-on même encore l'accent dans cette partie du Médoc ?

- L'occitan est mis au même niveau que l'anglais et les langues immigrées (en fait en deçà), toujours dans une optique d'ouverture sur le monde. Enième itération du discours gnangnan à destination de nos bons sentiments. L'occitan, une langue parmi d'autres de la diversité contemporaine. Alors pour quelle raison celle-ci plutôt qu'une autre ?

- L'occitan est vanté comme une sorte de mise à jour du logiciel pour les enfants, d'add-on peu coûteux : on désigne la classe bilingue comme une classe européenne pour maternelles qui permet un éveil de l'enfant. On en fera des génies des élèves bilingues. Vous en connaissez beaucoup des polytechniciens ou des énarques passés par les classes bilingues ? Ils cachent bien leur jeu.

- Passage obligé sur l'amour de la République, le deux ex machina français. Tout en France est valeur républicaine. L'amour, c'est la République. On n'échappe pas à la République. Surtout, ne pas la diviser : à ce titre, admirons l'habileté qui consiste à faire apprendre la langue du pays sans jamais parler d'ancrage local, de petit patriotisme. Des tartufes.


Cussac, sur les rives de la Gironde


Il est probable qu'aucun enseignant ne maîtrise le gascon dans sa version médoquine. On enverra donc une jeunette béarnaise, qui y enseignera un simili-béarnais, comme on en envoie en Agenais guyennais, ou comme les Languedociens squattent Muret. Vive l'Occitanie ...

  • L'enseignement du gascon en Guyenne agenaise : une hérésie

Reprenons notre jeune instit parachutée à Miramont-de-Guyenne, en zone guyennaise du Lot-et-Garonne (donc non-gasconne). Est-ce un sort intéressant que d'aller faire le missionnaire loin en Aquitaine - quand son statut d'instit pouvait lui procurer un poste dans les PA - pour satisfaire la lubie renaissantiste d'occitanistes locaux qui sont parvenus à vendre leur classe bilingue à des parents d'élèves soucieux de donner l'éducation la meilleure possible ? Quel est le sens de la vocation de cette jeune fille lambda qui, ayant appris le "béarnais" de ses probables ancêtres dans un souci d'ancrage local, va avec toute la bonne volonté du monde enseigner son pauvre gascon abâtardi en Guyenne, le tout au nom de l'unité occitane et de l'interchangeabilité des dialectes (sait-elle même qu'à Miramont, on ne parle pas gascon ? Sait-elle même ce qu'est le gascon ? Parle-t-on encore oc à Miramont ?).

Je suis sensible aux destinées individuelles des personnes, et je suis attristé par cette manipulation des bonnes volontés. Former en gascon une jeune fille du Béarn pour l'envoyer dans la grande Occitanie, ce n'est rien d'autre que la reproduction du schéma français de la mobilité des fonctionnaires. L'occitanisme institutionnel manipule de jeunes filles et de jeunes garçons en leur faisant miroiter des postes dans une époque de remise en question de la stabilité du métier de professeur des écoles. Pau devient la couveuse de l'Occitanie. Si je compare avec le cas basque, nous sommes une fois de plus ridicules, abstraits et inefficaces : les enseignants bilingues sont "rapatriés" au Pays Basque immédiatement où ils enseignent sans scrupules le batua, langue nationale des néo-Basques.

L'occitanisme est dans une impasse durable, son relativisme dialectal ("tous les dialectes sont également dignes") échoue sur le refus de fixer des domaines linguistiques où mener des politiques cohérentes. Les exemples sont nombreux : brassage des dialectes dans la communication officielle de la région Aquitaine, indifférence au dialecte enseigné in situ, ce qui importe c'est que ce soit de l'oc, ... Tout cela ne peut qu'aboutir à l'évaporation de ce qui reste de la Gascogne, déjà entamée sentimentalement par le midi-pyrénéïsme à l'Est. La seule solution me semble être une coupure nette avec l'occitanisme et l'élaboration d'un standard gascon sur les parlers les plus conservateurs (Philippe Lartigue a avancé la question).

Je n'ai pas posé en sus la question douloureuse de l'intérêt pratique de ces classes bilingues, à savoir qu'elles n'attirent généralement pas les enfants du pays (s'il en reste) mais bel et bien une classe sociale mobile "pavillonnaire" j'ai envie de dire, qui voit là l'opportunité dès les classes de primaire de mettre leurs enfants dans des rails plus solides. Sans oublier les comportements
nouveaux qui émergent, à savoir que les gamins de ces écoles ne reconnaissent pas dans le patois des derniers autochtones la langue qu'on leur enseigne, d'où développement d'une morgue et d'un mépris. Ceci dans l'hypothèse où il resterait des locuteurs naturels avec lesquels les gosses seraient en contact, ce qui est l'ultime tabou occitan, à savoir le refus de constater la réalité sociolinguistique désastreuse.

19 commentaires:

  1. Les occitanistes, en Gascogne et Béarn, ne peuvent pas se permettre de dire la vérité. Ils sont condamnés à la manipulation et au mensonge. Sans quoi tout l'édifice s'effondre et toutes les subventions s'évanouissent.
    Moi, je n'ai jamais touché un centime pour aucun de mes travaux, pour aucun des services que j'ai pu rendre quand on me les a demandés. Tout a toujours été fait par pur patriotisme gascon, avec un total désintérêt et toujours à mes frais. Ces gens sont des profiteurs qui vivent sur le dos de mon peuple et le manipulent. Je les méprise profondément.

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  2. J'avoue ne pas savoir quoi dire à ces remarques. Il est dommage que la critique de l'occitanisme, qui me semble nécessaire, soit toujours engluée dans un patriotisme mièvre, la haine de l'autre et des occitanistes.

    Les gasconnistes n'ont vraiment aucun projet positif à proposer ? Ne pas avoir 30 ans et être déjà si aigri de tout... Heraus ta vie doit être bien triste...

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  3. Mon pauvre Maime, il n'y à rien à répondre, parce que le constat est accablant, et comme le dit Philippe, il est impossible de l'intérieur de dénoncer cela, car sinon l'édifice s'écroule, et avec lui la confiance des élus. N'empêche, envoyer en Guyenne agenaise de jeunes enseignants pseudo-gasconophones, c'est inutile et bête. Espérer de ces jeunes gens qu'ils se forment au parler local relève par contre du cynisme le plus abject (qui peut dire en l'état à quoi ressemblait le dialecte de Miramont ? Mais ce que je vomis le plus, c'est la manipulation de ces jeunes gens dans un contexte de difficultés du métier d'enseignant). Ce n'est pas un épiphénomène, c'est le deuxième cas qui arrive à mes oreilles (un en primaire, un en collège) et cela s'inscrit dans un contexte plus global d'occitanisation du mouvement culturel en Aquitaine, via un modèle béarnais bâtard développé ces 30 dernières années. Le Périgord résiste mieux, mais le Périgord, c'est un autre monde.

    Maintenant, je ne suis pas fou, les occitanistes font avec l'appareil administratif tel qu'il est (division de la Gascogne entre Aquitaine et Midi-Pyrénées d'où la question des académies, ...). Mais il y a un monde entre faire ainsi qu'on le peut et participer fièrement à la mise en place d'identités administratives aquitaine et midi-pyrénéenne (je lance d'ailleurs un appel : une classe bilingue ouvre à Saint-Girons, je ne suis pas capable de savoir quelle langue y sera enseignée, si vous le savez ...).

    Je ne suis évidemment pas d'accord sur l'idée qu'il faudrait éviter le "patriotisme" : entendre sauver la culture locale sans une pointe d'irrationalité sentimentale, c'est agir en snobisme et c'est surtout déconnecter une langue et plus loin tout un monde des individus qui en sont les possesseurs, aujourd'hui non-conscientisés. Je constate tous les jours l'expression d'un sentiment local parmi les jeunes de Gascogne, ce sentiment ne demande qu'à s'articuler autour d'idées simples, et de toute façon il faut agir maintenant, avant la dénaturation finale. Après, que depuis ton Limousin historiquement toujours méfiant à l'endroit des particularismes (c'est comme ça, le Limousin est une terre qui a toujours fait montre d'une grande ouverture sur le monde, que j'admire au passage, la contribution du peuple limousin à l'édification de la France est indéniable), tu trouves ces manifestations "chauvines", je le conçois, c'est pas nécessairement ce qu'il y a de plus sympathique chez les Gascons. Heureusement que tu n'as pas vécu en Gascogne il y a 50 ans ! Parce que je peux te dire que ce qu'il reste de "gasconnades", ce n'est pas grand chose en comparaison avec l'esprit des anciens. Et en comparaison de ce qu'il faut appeler le nationalisme basque, c'est du pipi de chat.

    Vincent

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  4. L'adjectif mièvre n'est pas tout à fait adapté au projet vasconniste. Vous savez, j'ai dépassé le stade gasconniste depuis pas mal de temps. Ce qui fait de moi un groupuscule en Vasconie du nord. Au Sud, par contre, le mouvement vasconniste est bien mieux articulé, et je peux vous assurer qu'ils ne sont pas mièvres. S'il y a un mouvement auquel cet adjectif s'applique parfaitement, c'est bien l'occitanisme.
    Tant que je ne connais pas votre identité, le débat est clos, comme je l'ai dit ailleurs.

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  5. Je ne parle pas d'un éventuel projet vasconniste, que je ne vois nulle part ici. L'adjectif mièvre n'était peut être pas adapté. Vomitif serait plus juste. Les idées simples autour desquelles articuler le sentiment d'appartenance gasconne, serait-ce la haine du mot "occitan" et de tout ce qui s'en rapproche ainsi que de la graphie classique ?

    Par ailleurs, le projet vasconniste est-il vraiment existant au sud (le sud étant le Pays Basque je suppose) ? Il me semble assez anecdotique (mais je vois peut être ça de trop loin).

    Une dernière chose, le Périgord résiste bien à quoi ? A l'invasion gasconne orchestrée par de vilains occitanistes ?

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  6. Bonsoir Monsieur Caillon,

    Donc, nous vomissons chacun de notre côté, pour des raisons différentes. Haine du mot occitan? Non, pas du tout. Haine de ce qu'est devenu le concept d'occitan et d'Occitanie aujourd'hui, oui, assurément. Haine de la graphie normée, que vous appelez à tort "classique"? Non plus. C'est celle que j'ai toujours utilisée pour illustrer la langue gasconne.
    Le projet vasconniste existe au Sud. Il est l'une des composantes du nationalisme basque. Pas la plus représentée il est vrai. Allez voir, par exemple, le site NABARLUR, vous en aurez un exemple. En Vasconie du Nord, il n'est même pas anecdotique, il est groupusculaire. Je crois que si nous sommes trois pelés et un tondu, c'est le bout du monde. Votre question sur le Périgord, je ne la comprends pas. Que les Gascons restent donc chez eux et les Occitans aussi, c'est tout ce que je peux vous dire.
    En tant qu'être humain, je ne vous connais pas. Peut-être passerions-nous des moments agréables ensemble. En tant qu'occitaniste, nous sommes irréconciliables. Le mouvement occitaniste, celui que je vomis donc, est devenu une secte autiste et dogmatique et, mis à part quelques sporadiques coups de gueule comme celui-ci, j'ai renoncé depuis assez longtemps à toute discussion avec ses membres. Je sais que c'est peine perdue. Tous les arguments que je pourrais avancer, en matière d'identité linguistique, ethno-culturelle ou historique, vous ne les entendriez pas. Vous me donneriez, en guise d'arguments, du localiste, de l'identitaire comme un gros mot ou bien, à la fin des fins et en désespoir de cause, vous me traiteriez de fasciste, ce qui me mettrais très en colère.
    Le Félibrige et son avatar languedocien, l'occitanisme, n'ont strictement rien apporté à la Gascogne en 60 ans. La langue est moribonde, l'identité quasiment perdue. Vous allez me dire. Qu'aurait apporté une option vasconniste? Avec mauvaise fois, je vous répondrais: "Mais mon cher, tout aurait été différent." Et vous: "Voyons, ça n'aurait rien changé." Je crois que la réponse est bien plus simple: "Cher ami, nous n'en saurons jamais rien".
    La seule chose certaine, puisque nous l'avons sous les yeux, c'est l'échec de l'occitanisme en Gascogne. Sauf pour ceux qui, sous forme de subventions, de sinécures départementales ou régionales, dans divers instituts inutiles, en tirent quelques bénéfices personnels.
    Que pourrais-je vous dire? Nous n'avons pas le même imaginaire. Moi, les cigales, la Méditerranée, la solidarité méridionale, je m'en fiche, ça ne me concerne pas. Je ne parle pas la même langue que vous et la seule chose qui, au plan culturel, nous unit, est notre commune appartenance à la République française.
    Quand je suis à Saint-Sébastien, dans un petit port biscayen ou au sommet d'une montagne souletine, je me sens chez moi. Quand je parle l'euskara avec un autre euskaldun, je me sens profondément heureux. Quand je parle le gascon avec ma fille de seize ans, ou le basque, comme je vous l'ai dit, je suis en accord avec mes choix idéologiques. Que puis-je vous dire de plus? Pas grand chose je crois. Jamais je ne me sentirai occitan et je ne vois pas en vertu de quel principe vous, occitanistes, refuseriez le droit à un gascon de ne pas vouloir être occitan ou bien, soyons fou, le droit au peuple gascon de se sentir peuple, solidaire de ses frères vascons non romanisés.

    Avec mes meilleures salutations.

    P.Lartigue

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  7. M. Lartigue, j'aurais une rectification à faire : je ne vomis pas, je n'ai de haine ni de mépris pour personne. De plus, je répondais en même temps au message de Vincent ce qui a pu conduire à des incompréhensions. Comme la haine pour la graphie classique (je l'appelle comme cela car c'est sa désignation la plus commune), elle n'est pas de votre fait mais bien de celui de Vincent (qui cherche par tous les moyens, sur tous les forums et blogs, à faire prendre conscience aux Limousins que cette graphie n'est pas adaptée, a été imposée depuis le Languedoc, alors qu'elle est largement autochtone).
    Ma question sur le Périgord était un essai de reformulation du message de Vincent qui dit : "(...) occitanisation du mouvement culturel en Aquitaine, via un modèle béarnais bâtard développé ces 30 dernières années. Le Périgord résiste mieux (...)". C'est une précision que je demandais : les occitanistes essaient-ils d'imposer le béarnais à l'ensemble de l'Aquitaine, sauf en Périgord ?
    Je vous promets de ne pas vous traiter de fasciste, à moins que vous me sortiez de la race gasconne à sauver en me parlant d'autre chose que des cochons... J'ai en effet du mal avec l'ethnisme, c'est-à-dire une justification généalogique sur quelque chose de culturel. Ma remarque vaut aussi pour les théories de Fontan.

    Vous dites très justement que ce que nous avons sous les yeux c'est le résultat de 60 ans de Félibrige et d'occitanisme en Gascogne (échec ou pas, je ne suis pas à même de juger, je ne connais pas assez votre situation). Alors ce qu'aurait pu faire un éventuel projet vasconniste, je n'en sais rien et je m'en fiche. Ce qui m'intéresse c'est ce qu'on fait aujourd'hui, ce qu'on fera demain, à partir de la situation que l'on a. Avec la critique de ce qui a été fait, bien sûr, mais dans l'idée d'avancer. D'avancer vers quoi ? La sauvegarde de la langue et de la culture gasconne. Un projet vasconniste, ancré dans la société, c'est bien évidemment aujourd'hui impossible. Vous le dites, vous êtes groupusculaire ce qui ne vous permet pas d'avoir un poids. Par contre, le projet gasconniste, lui, est bien présent, il fleurit sur le net et à quelques conséquences en Béarn. Ce projet, c'est bien de vomir sa haine (ce sont vos mots à tous quasiment) de l'occitanisme. Fier projet pour la Gascogne. Je parle bien sûr en général, je ne parle pas de vous spécifiquement. D'ailleurs, il me semble que vous faites le plus important, la chose primordiale : vous transmettez la langue à votre fille. C'est l'essentiel.
    Concernant l'imaginaire, non, nous n'avons pas le même, c'est certain. Par contre, l'imaginaire de l'occitanisme limousin et périgourdin, n'est pas le même que celui du Languedoc : pas de cigales, ni de cathares... Et si vous vous sentez plus vascon qu'occitan, cela vous regarde. L'essentiel c'est que vous transmettiez la langue à votre fille, elle en fera ce qu'elle voudra, ou pourra dans le contexte qu'il y aura dans 10 ou 20 ans. Et il y a beaucoup de choses à dire sur le contexte, mais comme vous couvrez (pas vous en particulier, mais les gasconnistes en général) vos réflexions de vomissures et de haine, elles en deviennent ridicules.

    Cela me fait penser à Christian Laborde qui lui aussi vomit sa haine (enfin, non, lui il mitraille, il assassine, il pend, ...) de l'occitaniste sur le site web de la ville de Pau. Le ridicule ne tue pas, il fait rire, mais des fois quand même, ca me fait de la peine. Pour vous.

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  8. Je pense foncièrement que le Limousin a été annexé sentimentalement par le Languedoc pour compenser la perte de la Catalogne après la sécession de Barcelone. Je décèle une véritable volonté de méridionaliser ce que je crois être un espace intermédiaire assis sur le Massif Central. Les choix archaïsants de la graphie alibertine appliquée aux dialectes limousins me semblent pédagogiquement stupides et identitairement fallacieux. Je ne vomis en aucun cas la graphie alibertine, seulement son application tartarinesque. Pour le reste, je ne suis pas du Limousin, s'il plait aux habitants du Limousin de s'imaginer être des Méditerranéens catharisés, tant mieux pour eux, je trouve que c'est un travestissement de ce qu'est le Limousin, mais après tout, je m'en fous.

    Le Périgord résiste car tout simplement il a mieux maintenu les structures économiques anciennes de telle sorte qu'il n'est pas rare (ainsi qu'en Quercy ou dans le Cantal) de trouver de jeunes locuteurs. Bref, le Périgord n'a pas encore entamé véritablement sa mue occitane, celle qui va de pair avec l'effacement d'une certaine authenticité. A ce titre, que l'occitanisme soit à ses aises dans le bassin industriel de Lacq ou à Toulouse n'est pas anodin : c'est le prêt-à-penser du monde d'après, là où il ne reste rien du monde dit occitan fantasmé d'avant. Plus une région est entamée par l'acculturation, plus elle se fait occitaniste dans l'expression de son identité régionale. En Béarn, occitan est devenu synonyme de patois. Mais alors qu'on parlait patois, personne ne parle occitan.

    Le gasconnisme ne représente rien, il ne s'agit que du dernier avatar avant enterrement de l'esprit maquignon béarnais. C'est le Béarn ça, mais enfin les occitanistes n'ont pas une connaissance intime du Béarn. Je suis béarnais et je puis le dire : les Béarnais sont en moyenne des cons chauvins, cyniques, mesquins, jaloux, pessimistes, méchants. Je les aime parce que c'est ma famille mais enfin, je ne demande à personne d'en faire autant. L'occitanisme en Béarn étant une pièce rapportée, il va sans dire que le conflit ne peut qu'être virulent avec les derniers béarnisants. Je ne suis pour personne dans ce combat.

    Christian Laborde fait une très mauvaise analyse de l'occitanisme : à ses yeux, il n'est pas assez universaliste, pas assez nougarolien, pas assez pompeux pour tout dire. C'est du snobisme une fois de plus, pour ces gens un mouvement régional se devrait d'être une sorte de mouvement littéraire planant fait de jazz et de mythologies à la Barthes. Si ça amuse ... On peut être d'accord avec Laborde sur la critique féroce de l'occitaniste lambda à la guitare, mais ce qu'il y substituerait n'a que peu d'intérêt pratique.

    Enfin, le vasconnisme, ce fut un mouvement de fond jusqu'aux années 60 dont les divers avatars ont longtemps animé les imaginaires populaires : les 3B, le basco-landais, ... L'occitanisme n'ayant pas pris la relève de ce mouvement, il n'en reste plus rien côté français. C'est à recréer, et là j'en suis intimement persuadé, ce ne peut qu'être un succès, parce que ça colle vraiment à la psyché des habitants de la Gascogne. Merde au Languedoc, aux Cathares, à la garrigue, aux maisons provençales, à l'OM, ...

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  9. Monsieur Caillon,

    Être ridicule ne me gêne pas. Tant pis pour moi, je l'ai bien mérité. Vous reconnaissez que l'occitanisme et le Félibrige ont échoué en Gascogne. Dont acte. Alors, pourquoi s'entêter dans l'occitanisme, en le radicalisant encore un peu plus vers son tropisme naturel languedocien? Je ne comprends pas, vraiment pas. Ou bien le pari est le suivant. La Gascogne est morte, faisons du passé table rase. C'est une stratégie cohérente. Mais alors, qu'on l'annonce clairement.
    Oui, je suis parfois en colère. Je suis surtout triste d'assister à cette déconfiture quand je vois que ma fille ne trouve strictement aucun interlocuteur de son âge pour échanger. Le gascon, tout comme l'occitan, n'ont plus aucune utilité sociale et nous sommes trop peu nombreux, anecdotiques pour reprendre votre mot, à avoir transmis, pour espérer peser sur quoi que ce soit.
    Je n'y peux rien, vous n'y pouvez pas grand chose non plus.
    Mon voyage vers une mythique Vasconie, bien moins mythique que l'Occitanie tout de même, est un pis-aller, mais un pis-aller auquel je m'adonne avec délectation. Or, notre bref passage sur cette petite planète ne mérite pas qu'on n'y fasse que des choses ennuyeuses. Recréer l'Antique Vasconie? Voyons, je suis ridicule mais pas totalement idiot. Que pensez-vous de ceux qui veulent créer une Occitanie qui n'a jamais existé, sur le sable du mensonge historique. Sont-ils ridicules?
    Voilà, je vais continuer à soigner mon euskara et aller me faire plaisir en Euskal Herria. C'est une partie de mon projet de vie pour les 32 ans statistiques qui me sont encore donnés.

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  10. @ Vincent : je ne vois pas en quoi les languedociens ont annexé le Limousin. Les occitanistes sud-occitans parlent des troubadours, bien sûr, mais en général le Limousin (et le reste du nord de l'Occitanie) c'est loin, froid et avec un drôle d'accent. En deux mots, c'est exotique. Je pense que tu dois mal connaître le Limousin pour penser qu'on se voit comme des méditerranéen catharisés. Méditerranéen, certes, catharisé, pas du tout. Cathare, révolte vigneronne, c'est ça l'occitanisme bas-languedocien et ça ne prends pas (ça n'a jamais pris) en Limousin. Le Félibrige et l'occitanisme limousin, c'est la grandeur médiévale de la région, l'influence de Guéret à Elx, Guillaume de Poitiers, Richard Coeur de Lion, les croisades dans l'orient lointain... L'occitanisme limousin c'est aussi l'ancrage à la terre, à la civilisation paysanne. Certains vont jusqu'au paganisme. En quoi le Périgord est-il différent du Limousin (ou le contraire) ? En rien... Du moins pour sa partie nord. Charente-Limousin-Périgord, c'est une réelle unité, culturelle, économique, agricole... Et du point de vue de l'occitanisme, la Dordogne est actuellement le moteur de l'occitanisme limousin. La zone la plus dynamique.

    Concernant ta vision du vasconnsime, eh bien, allez ! Hop ! C'est parti ! Plutôt que de passer ton temps à vomir sur les occitanistes, prend les de vitesse dans la jeunesse, si tu penses qu'elle n'attend que ça.

    Et puis merde à l'OM si tu veux... En Limousin, c'est plutôt le rugby et le basket qui intéresse. D'ailleurs l'année dernière, au match Limoges-Pau, il y avait plus de drapeaux occitans côté limougeaud que de drapeaux béarnais côté palois.

    @ M. Lartigue : non, je ne reconnais pas que l'occitanisme et le Félibrige ont échoué en Gascogne. Je dis que je ne suis pas à même de juger. Ensuite l'occitanisme ne se radicalise pas dans son tropisme languedocien. Pas ici en tout cas. Et il ne me semble pas que les jeunes gascons que je connais parlent languedocien. Ensuite vous parlez d'utilité sociale. C'est en effet tout là l'enjeu. Utilité, visibilité. Re-socialisation, en somme.

    Vous n'êtes pas ridicule à rêver d'une Vasconie. Vous êtes ridicule que vous vomissez sur tout ce qui bouge. Vous avez vomi 3 fois en écrivant ces commentaires, une fois seulement dans le billet sur Henri IV. Le foyer de la gastro se trouvait en Limousin, il semble s'être déplacé en Béarn !

    Un conseil : continuez à rêver, à parler gascon à votre fille et soignez votre gastro !

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  11. Bon, et bien je vais suivre vos conseils.
    Bonne continuation à vous.

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  12. Adiskide maiteak,

    Zeure denbora galdu beharrean, baliorik gabe proiektuekin, eman iezaiezue ikastolei:
    SEASKA ELKARTEA-ri dirua igorriz, Baionan.
    Gure ama hizkuntza salbatu eta zabaldu behar da Baskonian zehar eta ahalik eskola gehienen ireki behar dira toki guztietan, eta baita Gaskoinian ere.
    Gora Gaskoinia! Gora Euskal Herria! Gora Baskonia!
    Gora Euskaldun eta Gaskoien arteko elkartasuna!

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  13. Amics,

    Menx de'vs guastar la vita en de balas dab projèctes xentz valor xentz aviéner, balhatz a las escòlas bascas. Mandatz sòus a l'associacion SEASKA a Baiona. Que cau sauvar e esplandir la nòste lenga mairau capvath Vasconia e que cau aubrir escòlas de tot bòrd, quitament en Gasconha.
    Que vivi Gasconha! Que vivi lo Bascoat! Que vivi Vasconia!
    Que vivi la solidaritat basco-gascona!

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  14. Tiens en Limousin, il existe une commune nommée Cussac également. Je connais un dicton au juste sur Cussac, mais pas ce Cussac là, un autre, petit village de Charente tout près de la Haute-Vienne.
    Ça dit :
    Pit'òme d'a Cussac, chamisa blancha, cuu cosat. (oui, "cosat" comme ça alors que l'infinitif est censé être "coser" et le p. p. "cosut", étonnant, non ? et c'est pas que pour la rime puisque dans la langue de tous les jours, ils l'emploient aussi comme ça : "cosar", "cosat")

    Bon, sinon, te vesem pas gaire sus sco, comence de m'einuiar emb l'autre saquetat que nos desbòtja sa "litania".

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  15. Adiu Degun (Que't coneixi, Fantômas!!),

    Es a jo qu'aubreixes los pòts? Es a jo qu'ès a domandar d'anar sus SCO (soc-cult-occitan que boti). E ben hòu, que sui pèc mès pas embarredeir tabé com ne sonn aquiths pires de SCO. Franc pècs aqueth monde. Bonurement tad iths, los espitaus psiquiatrics ne sonn pas estats assabentats de çò que s'i despassa sus aqueth SCO. N'estóssinn, los òmis deus davantaus blancs qu'aurenn tribalh. B'es bròi l'osquitann!!! Gart de tocats deu pienti!

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  16. Crebat de rire ! As plan rason, som fin fòus sus sco, mas qu'es a Heraus que parlava.

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  17. Tu ne peux pas imaginer combien je bande à l'idée que tu puisses perdre ton temps à t'essayer à la diatribe, avec maladresse néanmoins, du seul fait de l'éructation que provoque chez toi la lecture transversale, mais probablement malaisée, de ma prose. Tu flattes mon ego dans des proportions exaltantes.

    Maintenant, je suis très joueur, cependant je t'enjoins une dernière fois d'être meilleur, parce que pour le moment, tu ne fais pas preuve d'une grande virtuosité dans l'argumentation. Je t'autorise même à être lourdingue si tu le souhaites, tu peux me tartiner de longs textes réfutant mes démonstrations péniblement empesées, mais fais l'effort d'éviter le ridicule, je suis très sensible à ce que tout un chacun puisse rester digne dans la défaite intellectuelle la plus manifeste.

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  18. ӏ tend not to leave mаny cοmments, but Ӏ bгoωsed а few cοmments
    on "Le projet "occitan" de Cussac et autres r�flexions". Ι do hаѵe ѕome
    quеstions foг уou іf you ԁon't mind. Could it be only me or do some of the remarks appear as if they are left by brain dead visitors? :-P And, if you are writing at additional social sites, I would like to keep up with you. Would you list of every one of your social pages like your twitter feed, Facebook page or linkedin profile?

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  19. It comes with a two year warranty and a 60 day funds back assure!



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N'hésitez pas à commenter et à me corriger.