mercredi 6 mars 2013

Chanson landaise : "Con hén l'amou, les jouenes gouyates"

On ne peut pas dire que j'ai un succès fou quand je drague en chantant pareille chanson, mais enfin, à 01h00 du mat, l'alcool aidant, sur un malentendu, on ne sait jamais.




Il s'agit d'une chanson de danse recueillie par Félix Arnaudin, qui se trouve dans le premier tome de "Chants populaires de la Grande-Lande", le seul qui était paru du vivant du folkloriste. La chanson est assez cruelle sur la sexualité des jeunes garçons (pire que "des rats dans la paille") et des vieux, mais elle a le mérite de traiter la chose en termes imagés.

En fin de compte, seules les jeunes femmes sont belles à voir, "rouges comme l'écarlate" : manifeste féministe avant l'heure, machisme de base ou tout simplement, poésie d'une autre époque ? Difficile de tirer une leçon de paroles qui n'ont au fond pas grand sens. La rengaine "Dou cap au pé, n'ét bére, Isabé" est assez jolie, surtout par l'absence du son [ɘ] si fréquent en gascon noir : le contraste avec les couplets est alors saisissant et on n'entend plus que cette phrase, "vous êtes belle, Isabée".

Voici les paroles en français :
"Quand elles font l'amour, les jeunes filles, Rouges elles sont comme l'écarlate. De la tête aux pieds, vous êtes belle, Isabée, Comme la rose, comme la rose, De la tête aux pieds, vous êtes belle, Isabée, Comme la rose au rosier.

Quand ils font l'amour, les jeunes garçons, Autant vaut les rats dans la paille. De etc...

Quand elles font l'amour, les pauvres vieilles, Autant vaut embrasser une poignée d'abeilles. De etc ...

Quand ils font l'amour, les pauvres vieux, Autant vaut une gerbe sans épis. De etc..."